Etat d'avancement de mes recherches sur les trompettes

Le 21 décembre 2022

Je profite de quelques moments vacants pour vous informer de l’avancée de mes travaux. Depuis un an, je suis complètement immergé dans un projet passionnant qui consiste à effectuer des recherches généalogiques, historiques, militaires, musicologiques sur les trompettes du roi, ces personnages qui ont servi sa majesté entre le XIVe et le XVIIIe siècle, et dont beaucoup étaient natifs de la seigneurie d’Apchon, en Auvergne, et en particulier des villages d’Apchon, de Saint-Hippolyte, de Marchastel et du bourg de Riom-es-Montagnes.

Le point de départ de cette aventure a été, fin 2021, la relecture du livre Les Trompettes du Roi, écrit en 1909 par Emile Rhodes, un érudit de Murat, descendant directement de la famille de trompettes Rode comptant plusieurs dizaines de musiciens du roi, de père en fils, d’oncle en neveu, de beau-père à gendre. Dans l’introduction de son ouvrage, Emile Rhodes exprime des regrets concernant le caractère très partiel et non exhaustif de son travail. Je me suis dit à ce moment-là, les outils de recherches ayant beaucoup progressé en un siècle, qu’il était temps de s’attaquer à ce challenge : recenser et décrire aussi finement que possible tous ces fiers trompettes du roi, dont je suis un descendant (par les Rode, comme Emile avec lequel je cousine).

Alors, j’ai réuni autour de moi une quinzaine de généalogistes chevronnés qui avaient déjà travaillé sur le sujet, parfois de façon très approfondie. Surtout des généalogistes de l’association cantalienne Aprogemere, mais aussi du Cercle Généalogique de Versailles et des Yvelines.

Et je me suis mis à éplucher les travaux de chercheurs sur le sujet, et une bonne trentaine de livres parus depuis un siècle, dont aucun n’est vraiment focalisé sur mon sujet de prédilection comme l’est le livre de Rhodes, mais qui fournissent à chaque fois de nombreux éléments de compréhension et et surtout des sources : actes d’état civil pour les trompettes du XVIIIe, actes notariés, actes royaux et de la maison du roi, comptes de la grande écurie du roi, comptes des villes, roles de compagnies de cavalerie, documents fiscaux de la Cour des Aides, etc…

Depuis un an, de fil en aiguille, nous sommes parvenus à identifier et collecter des sources pour près d’un millier d’individus entre le XIVe et le XVIIIe siècle, dont plus d’une centaine sont natifs de Haute-Auvergne. Et j’ai rédigé des fiches biographiques pour 200 d’entre eux. Cet effort biographique nous renseigne sur les carrières des trompettes : plusieurs d’entre eux ont occupé plusieurs postes, ayant parfois commencé comme trompettes militaires, avant de faire l’acquisition d’une charge de trompette de la grande écurie, leur permettant d’escorter le roi de France dans tous ses déplacements et de le servir au plus près.
J’essaie aussi de bâtir des arbres (Rode, Pelissier, Gilbert…) en utilisant des sources généalogiques sûres, et en retraçant les alliances entre trompettes de différentes familles.

J’estime que ces travaux pourraient encore durer une année et nous mener à la fin 2023 pour aboutir à la publication d’un ouvrage visant l’exhaustivité sur ce sujet, certes très spécifique, mais qui pourrait intéresser des chercheurs sur des thèmes connexes.

A ce stade de nos recherches, on peut déjà dire qu’à de multiples reprises, nous avons découvert de nouvelles sources et de nouveaux actes non identifiés par Emile Rhodes, parfois même inédits pour les chercheurs sur les musiciens du roi. C’est par exemple le cas avec la redécouverte d’une copie du terrier d’Apchon du XVIe siècle, qui cite nommément plus d’une douzaine de trompettes, ce qui nous permet de savoir que la pratique était déjà très répandue, et sans doute favorisée, à Apchon vers les années 1520. Mais avant cette date, nous trouvons déjà trace de Guillaume Janzac, trompette natif d’Apchon au service du roi Charles VIII dès 1494 lors des guerres d’Italie.
Si l’on sort de la sphère auvergnate, nous trouvons plusieurs trompettes au XIVe siècle et même avant, notamment à la cour de Bourgogne, qui est alors bien plus avancée en matière musicale que celle du roi de France. Nous avons ainsi découvert plusieurs allers-retours de trompettes entre ces deux cours.

Malheureusement, en voulant reprendre une à une toutes les sources citées par Emile Rhodes, nous avons pu déplorer la disparition de pans entiers des registres paroissiaux, ou des archives notariales, en particulier à Marchastel, ce qui complique singulièrement les recherches. Nous n’avons pas non plus réussi pour l’instant à retrouver les archives familiales d’Emile Rhodes, en dépit de nombreux contacts avec ses descendants qui en ignorent tous l’existence.

Ce travail représente environ 2500 heures de recherches et consolidations. J’ai rencontré – souvent virtuellement – des gens très intéressants, dont beaucoup m’ont aidé dans mes démarches : les généalogistes que j’ai déjà cités, les personnels des archives départementales, diocésaines, nationales, quelques musiciens, historiens et paléographes, permettant de combler au moins partiellement mes nombreux lacunes. Quelques collectionneurs et commerçants en vieux papiers aussi parfois.

Si ce sujet vous intéresse, si vous avez des trompettes dans votre arbre généalogique, vous pouvez me demander de vous envoyer notre petite lettre d’information permettant de se tenir au courant de l’avancée de ces recherches, que j’envoie chaque semaine par email (actuellement n°45).

Passez un excellent Noël, et, comme on dit en Provence, bon bout d’an !

Trompette de la chambre du roi Louis XIII
Aquarelle d’Eugène Leliepvre (XXe)

Commentaires

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  1. Guillaume

    le 23 décembre 2022

    Cela faisait quelques temps que tu n’avais plus poste sur ton blog. C’est un plaisir de relire sur tes recherches. Bonnes fetes de fin d’annee a toi aussi!

  2. lightman

    le 28 décembre 2022

    Merci Guillaume.