Deux contraventions reçues, mais pas pour moi

Le 9 mai 2021

Les échanges épistolaires sont rares de nos jours, comprenez des échanges de lettres au sens strict, l’envoi d’emails c’est de la triche. Pourtant, depuis que je suis installé à Aix, il m’arrive fréquemment de transférer du courrier à l’ancien propriétaire de ma nouvelle maison. Et comme cette personne est un vieux monsieur pince-sans-rire, aussi sympathique que facétieux, j’y glisse parfois quelques commentaires plus ou moins drôles.

La dernière fois, je lui ai transféré une contravention qui lui était destinée. Je sais que c’en était une, parce que j’ai un don pour les deviner sans ouvrir les enveloppes. Surtout celles qui sont émises par les radars routiers, et qui sont expédiées depuis Rennes, avec un numéro d’envoi facilement identifiable : PIC CI 1641. Pour être honnête, c’est moins un don de divination que l’expérience d’en avoir reçu moi-même un certain nombre.
A cet envoi, Monsieur Martin – le nom est fictif – près de 85 printemps, m’a répondu par un message humoristique sur mon répondeur, en m’expliquant qu’il avait fait exprès de ne pas changer l’adresse sur sa carte grise, afin que je reçoive tous ses PV et que je puisse les régler à sa place, m’en remerciant par avance. C’était assez drôle.
Et puis, cette semaine, voilà que je reçois un deuxième PV adressé à Monsieur Martin, aussitôt réexpédié, avec cette petite lettre. Je la pose ici ; toujours pareil, le soucis de maximiser l’impact de ce que je fais, un tic de vieil entrepreneur à demi retraité en attente de son vaccin covid :

<< Cher Monsieur « Fangio » Martin,

Je suis heureux de vous faire parvenir cette nouvelle missive de la maréchaussée qui semble entretenir avec vous une correspondance très soutenue.

En revanche, je ne peux malheureusement que rejeter votre aimable proposition de régler les amendes à votre place. Ce ne serait pas un service à vous rendre, vous perdriez alors tout le sel de ces contraventions qui représentent une modeste mais toujours savoureuse transgression de l’interdit réglementaire.

Toutefois, je vous donne cette astuce que j’ai pu expérimenter par moi-même à plusieurs reprises. Il s’agit de dénoncer comme étant le conducteur de votre bolide au moment des faits, une personne que vous appréciez tout particulièrement. J’ai éprouvé cette méthode avec succès avec ma belle-mère qui ne conduit plus depuis 10 ans.

Au plaisir d’un prochain envoi. >>

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