La France marche à reculons

Le 28 mars 2006

Tandis que la fonction publique fait grève (question d’habitude, la grève est presque culturelle chez certains fonctionnaires), et que les étudiants manifestent… Voici la vision des éditorialistes de quelques grands quotidiens du monde occidental sur la crise française. J’ai pêché ça dans un article du Monde titré La France marche à reculons. Et je dois dire que je partage assez cette vision "extérieure".
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La même police anti-émeute, les mêmes gaz lacrymogènes, les mêmes jeunes "déchaînés"… Pour l’éditorialiste du New York Times, on pourrait s’y tromper : qu’il est tentant de dresser un parallèle entre les émeutes de l’automne et les manifestations du printemps ! Mais les différences sont là : en novembre, ceux qui se révoltaient étaient "les fils des immigrés d’Afrique du Nord", sans emploi ni avenir, et "il était difficile de ne pas éprouver de sympathie pour leur cause". En mars, ce sont "les étudiants privilégiés" qui descendent dans la rue, pour dénoncer un projet de loi "nécessaire", et qui se voulait "une réponse partielle aux mouvements des banlieues". Le quotidien américain l’affirme : les manifestants en France sont "bien mal avisés", "les étudiants devraient cesser de ne penser qu’à leurs privilèges et tenir compte de l’appel lancé par Jacques Chirac, pour un dialogue créatif afin de résoudre les vrais problèmes auxquels sont confrontés leur génération".

"UNE HAINE CARICATURALE DE L’ENTREPRISE"
Les quotidiens étrangers peinent à comprendre pourquoi la France tarde tant à mener des réformes qui s’imposent. "Le pays marche à reculons vers l’avenir", ironise le
Boston Globe. "Les Français refusent de se rendre à l’évidence", et d’affronter les défis qui sont les leurs, renchérit Robert J. Samuelson, chroniqueur au Washington Post.

Le Temps de Genève, lui, dénonce "le divorce" grandissant "entre une rue qui condamne sans savoir et des milieux économiques qui expliquent sans convaincre". Comme beaucoup d’autres titres, il juge que la création du contrat de première embauche (CPE), certes mal expliquée, constituait un pas dans le bon sens.
[…]
UN PAYS PRÉCAIRE… POUR LES INVESTISSEURS"
L’image de la France à l’étranger en prend un coup. Nombreux sont les journaux à disserter sur "le malaise" ou "la crise" que traverse la France, à l’instar d’
ABC de Madrid. Quoi de plus normal, dans un pays qui vient de faire un triomphe à une exposition du Grand Palais, à Paris, consacrée à la mélancolie, remarque le Washington Post : "La psyché française souffre de la peur."

Le milieu des affaires ne reste pas insensible à la situation. La France est déjà "précaire… pour l’investisseur", titre Le Temps. Et de détailler : "Le pays des Lumières se referme sur lui-même, multiplie les barrières au commerce. A l’indice de la liberté économique, il est 44e. Un rang derrière l’Italie. Préoccupée, plus par les présidentielles que par sa jeunesse sous-occupée, la France n’a pas fini de souffrir de sous-investissement."
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Article complet accessible sur le site du Monde ici :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-755292@51-725561,0.html

Commentaires

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  1. Kruzenshtern

    le 28 mars 2006

    « Tandis que la fonction publique fait grève (question d’habitude, la grève est presque culturelle chez certains fonctionnaires) »
    => Tiens tu penses la même chose que moi, j’irais même jusqu’à dire que c’est une tradition que chacun respecte, jusqu’aux lycéens, bien qu’ils ne soient pas employés… :-)))

  2. Paulop

    le 28 mars 2006

    La politique en France ça ne veut plus rien dire, on nous vend du chiffre et de l’image, des meeting avec feu d’artifice et cotillon, mais plus de politique.
    Sur les débats TV on ne voit que des blablas, aucun politique n’assume ses propres idées mais se plie a l’unité pour ne pas installer de creux dans le parti…
    Bref, les gens ont peur, parce que ça ne vaut plus rien, et qu’en plus, les gens en place tente de sortir des lois qui sont à leur image.
    Dans le fond qu’on soit pour ou contre le CPE, si on cherche a lire la loi, on ne peut la comprendre, et rien que pour ça, tous le monde devrait être contre. Ce n’est pas un pas en avant que je vois dans ça, c’est plutôt un pas en arrière, on ne peut pas dire qu’on tente de se sortir de la crise en rajoutant 3 lignes dans un code du travail déjà grand et incompréhensible.
    On se retrouve donc avec des gens qui débatent sur le gros de la loi, la surface, là où forcemment, tous le monde il comprend, au risque de minimiser le reste.
    La France marche a reculons, et c’est d’autant plus grâve parce qu’elle marche a reculons depuis longtemps, et surtout depuis 2002, où on dirait que la politique c’est déjà les prochaines élections.
    Aussi, je comprend que ça puisse choquer l’étranger, mais moi je n’adhère pas aux politiques qui nous dirigent.
    En tout cas plus les choses avancent, plus j’ai envie d’écrire mes idées et tenter de monter un parti politique, ou du moins exposer mes idées sur le net.

  3. Erwann

    le 28 mars 2006

    Lightman, le problème n’est pas uniquement là. Depuis des années les étudiants réclament à l’état une main tendue pour les sauver d’une précarité déjà existante. Et là, De Villepin leur offre son poing dans leur gueulle.
    La vie estudiantine est « hachement » cher, un appart à aix, marseille, Paris, Bordeaux ou Lyon, ce n’est pas le même prix à la location qu’un appart à Aurillac ou à Manosque.
    Les logements ont augmenté encore depuis 5 ans, et ça ne va pas baisser, et seuls 30 % des étudiants se logent en Cité U.(Enfin du moins en Paca).
    La nourriture, les livres et les trajets constituent aussi des problèmes financiers, comme les inscriptions aux écoles et parfois à des écuries.
    Je ne déteste pas le monde de l’entreprise, mais avoues, lightman, que cette réforme ne va être jouissives qu’aux entrepreneurs ultra libéraux, et qui n’ont déjà aucun sentiment paternaliste à l’égard de leurs employés.
    Et puis il est vrai que ce Cpe pose beaucoup de questions, plus qu’il ne donne de réponse. Si j’ai un bras cassé, serai je licensié, si j’ai des problèmes au dos ? Une chtite gastro ?
    Et puis comment veux tu lightman que les jeunes fassent du bon boulot ? Regarde l’exemple de la poste. Avant, c’était un service entièrement public, aujourd’hui on l’a un peu privatisé. La poste crée des interims et des Cdd de quelques moi à des personnes qui savent tout juste lire et écrire. C’est normal que ça chaparde. Je crois que Alapage, Amazon passent par d’autres systèmes plus sûr pour envoyer leurs colis. Mais bon, la confiance a de l’avenir.

  4. Erwann

    le 28 mars 2006

    Moi, je vote Paulop. C’est aussi ce que j’avais accusé lors de la réforme Fillon. Le texte de loi était difficile à trouver, et ce que j’ai trouvé était archi laborieux et reprenait déjà ce qui était en place.
    On noyait le gros du poisson dans un océan de discours illisibles et de réflexions élogieuses sur l’avenir de notre éducation.

  5. PHILIPPE

    le 28 mars 2006

    Le cpe existe depuis le mois de septembre puiqu’il concerne les entreprises de moins de 20 salariés;là personne n’ouvre la bouche;si le cpe est rejeté,ça voudra dire qu’il y a deux catégories de salariés en France,les CNE et les autres .Liberté,égalité ,fraternité ou bien l’art de manipuler le peuple par des salariés privilégiés à savoir les fonctionnaires(emplois à vie avec de multiples petits avantages)représentants essentiels des syndicats en FRance et les dirigeants étudiants comme le président de l’UNEF,fils du maire du Puy (PS) et qui a son avenir d’assuré au PS par exemple ou dans une collectivité quelconque.
    Bref le problème est ailleurs,à savoir la mondialisation qui ne fait que commencer;il y a 1.3milliard de chinois et seulement 300 millions ont notre niveau de vie,donc il y a 1 milliard de personnes en schématisant un peu qui veulent bien prendre notre place de privilégiés un niveau mondial.Ils ne nous feront pas de cadeaux et à commencer à ces « salauds » de patrons français .Mais au fait,pourquoi tous ces « envieux » de la classe patronale ne créent pas leur entreprise(en 24 h dit-on).Au dernier sondage réalisé sur des personnes de moins de 30 ans,70% voulaient être fonctionnaires.La critique est facile,l’art est difficile…

  6. Lightman

    le 29 mars 2006

    Paulop> Je ne peux que t’encourager à faire valoir tes idées sur le terrain politique. Moi aussi la politique me saoule, et celle-ci a besoin de sang neuf ! Les ENArques qui nous dirigent n’ont décidément pas compris que les français ont besoin de plus de sincérité, de moins de caluls politiciens, de moins de belles paroles et de plus d’actes… Les français sont, je pense, prêts à accepeter les sacrifices si on les les explique et s’ils ont confiance en leurs gouvernants.
    Erwann> Je ne suis pas d’accord avec toi. Mon diagnostique, c’est que :
    1) Notre système éducatif est un système à produire des chômeurs, mais à chaque fois qu’un gouvernement (droite comme gauche) tente la moindre réforme, les profs et les étudiants se mettent en grève. C’est hallucinant de voir un tel immobilisme dans l’éducation, alors que ce devrait être un domaine qui tire le pays vers le haut !
    2) Le code du travail français est un des plus contraignants au monde pour l’entreprise. Mais ça aucun politique n’ose le dire ! On préfère mentir aux français histoire d’assurer sa réélection, en défendant les « avantages acquis », quitte à faire preuve d’un peu de protectionnisme archaïque.
    Dans un contexte mondialisé où les entreprises peuvent choisir leur pays d’embauche, la France est depuis longtemps parmi les pays à éviter ! Car c’est un pays cher et trop contraignant pour licencier !
    Et dans ce domaine, on est non seulement en concurrence avec des pays pas chers avec lesquels il est forcément difficile de rivaliser (Inde, Chine, Maroc/Tunisie, Roumanie/Pologne…) mais aussi avec des pays ayant notre niveau de développement (Canada, Angleterre…) et qui offrent de bien mailleures conditions pour les entreprises.
    Alors, OK, continuons comme ça braves français qui vivez avec des oeillères, lesquelles vous ont été collées par des politiques qui riment avec démagogiques. L’état a 1100 milliards d’euros de dettes, et le pays s’enfonce dans le déclin économique, mais aussi la desespérance puisqu’on fait miroiter au peuple des choses qu’on ne pourra jamais tenir…
    Mais, bon, il reste un espoir… Comme le conclut Time Magazine dans un de ses derniers articles sur les frenchies : « même la France ne pourra pas résister éternellement aux vents du changement ».

  7. Erwann

    le 29 mars 2006

    Tu oublies une chose lightman qui nous distingue d’un chinois ou d’un roumain. C’est que la France a besoin que les français aient un pouvoir d’achat. Pas d’acheteur, pas de vendeur. La question est de savoir si l’on est maitre ou esclave.
    Et puis, je préfére savoir que je vis plutôt bien, que mal. Regarde le système de santé anglais.
    Je ne vois pas comment en virant/embauchant à droite à gauche des gens tu pourras faire
    remonter la courbe de l’emploi et que tu feras baisser la dette.
    Une dette, que j’aimerai bien qu’on m’explique. D’où vient elle? A qui profite t’elle? Envers qui sommes nous endettés? Est ce la même dette que l’on garde depuis la seconde guerre mondiale ?
    Et puis, c’est faux. Notre système éducatf produit aussi des étudiants de haut niveau qui voyant leurs conditions précaires en France s’expatrient en Angleterre, au Canada ou aux Usa. Prends pour exemple ce jeune Alain… euh.. Alain Juppet, partis enseigner au Canada car en France il ne pouvait pas mener une vie sereine, stable et paisible.
    C’est en offrant un boulot stable que les jeunes peuvent produire, et entreprendre sereinement. En faisant des économies, et en étant pas à la solde de papa/maman. Car aujourd’hui qui entretient ces jeunes au chômage? Est ce l’état ? Non! Soint ce les parents ? Oui!
    Et de ce fait, il est certain qu’en consacrant l’ensemble de ses économies auprès de son fiston ou de sa fistonne qu’on est pas près à consommer.
    Si les gosses avaient un statut stable, ils quitteraient plus tôt le cocon familial, et se prendraient plus rapidement en charge et favoriseraient l’offre tout en comblant la demande.
    Le pouvoir d’achat ne devrait pas être destiné qu’aux vieux de plus de 60 ans.
    Et puis ne regardes pas avec envie tous ces pays lightman. Si en France on a des fonctionnaires fainéant, aux States ils ont des flics à chaque coin de rue qui ne sont pas plus productifs ! Et puis n’imagine pas que tous les zétazuniens sont riches, que les anglais sont hereux et que l’Allemagne a digéré l’Allemagne del’ouest. La croissance est aujourd’hui mionable, et cela dans le monde entier. Si elle était bonne dans un seul pays, on l’entendrait je suppose à la télé.

  8. Erwann

    le 29 mars 2006

    http://clabedan.typepad.com/photos/uncategorized/image_t5_53484.jpg
    Mais comment que ça se fait ?
    Allemagne de l’est*

  9. Jeff

    le 29 mars 2006

    La dette de l’Etat français est constitué à 100 % d’abus et uniquement à cela. Nous avons le système social le plus perfectionné au monde et les plus envié. Malheureusement, il coûte extrêmement cher car nous sommes un pays d’indisciplinés.
    Nous acquèrons un minimum d’avantages et nous en voulons toujours plus. Je ne dis pas que nous devons opter pour des politiques plus libérales mais plutôt sensibilisé le peuple français à ces abus. Prenons un exemple, beaucoup de cette dette provient de notre sécurité sociale et des remboursements de médicaments. Je trouve que certains ne devraient pas l’être et que les remboursements devraient être effectifs sur les posologies vraiment nécessaires.
    De plus, malgré les campagnes de sensibilisation, peu de français n’achète de médicaments génériques ou peu de médecins ne prescrivent pas d’antibiotiques pour des infections bénines.
    Cela parait anodin mais toutes ses petits frais engendrent une dépense inconsidérable. Je pense que l’état devrait avant tout faire plus de contrôle par rapport à ces dépenses et moins se rabattre à préléver les entrepreneurs. Car pour moi le CPE, ce n’est pas une réponse à la précarité mais plutôt une couverture pour amadouer les entreprises et leur données des charges supplémentaires tout en les caressant dans le sens du poils.
    De plus, si le gouvernement avait un peu plus de cran, il devrait privatiser en masse des entreprises nationales ne nécessitant plus de surveillance. Je ne parle pas des transports ou de l’éducation car dans les pays anglo-saxons, les privatisations de ces entreprises ne sont pas très bonnes car cela se fait au dépend des usagers et surtout de leur sécurité. La privatisation a du bon car cela permet l’installation de la concurrence , la création d’emplois et la mise en place d’offres intéressantes (exemple : France Télécom).
    Enfin, pour parler de l’éducation, je pense que le gouvernement devrait plutôt valoriser certains cursus comme l’apprentissage pour les métiers de l’artisanat ou la savoir-faire agricole. Beaucoup de ces métiers ne sont plus appris et malheureusement, on peine à trouver un bon pomblier. Ce que je trouve bête, c’est qu’il n’y a plus de transmissions intergénérationnelles. Beaucoup d’entrepreneurs aurait à apprendre des anciens.
    Autre chose, il n’y a plus de confiance entre les personnes. Certes, cette dernière se mérite mais on devrait donner la chance à des jeunes souvent incompris ou sans expériences. Mais ils ont des connaissances nouvelles et des idées rafraichissantes pouvant faire évoluer beaucoup d’entreprises.
    Enfin, il y a un manque d’implication. Hier soir, je zappais lamentablement sur mon canapé et je suis tombé sur la fameuse émission de Laurence Ferrari « Vis ma vie ». Bon ce n’est pas une émission hors paire mais pour une fois, elle était intéressante car elle proposait à des cadre dirigeants de prendre la place de leurs employés. Ils en sont sortis avec une nouvelle vision et une nouvelles expérience leur permettant de travailler autrement et de confirmer ou non leur théories. C’est bien beau de vouloir faire une entreprise ou de vouloir être manager mais si on ne s’implique pas dans chacun des services de son entreprise, on ne peut que mal la gérer et ainsi se retrouver face à des problèmes que les belles théories ou prévisions n’avaient pas prévues. Mais cela est une parenthèse pour démontrer que pour comprendre certaines choses, il est souvent indispensable de se réunir, d’observer en direct plutôt que de faire confiance à des politiques pré-conçues et loin de la réalité.

  10. Fremen

    le 29 mars 2006

    « Les français sont, je pense, prêts à accepeter les sacrifices si on les les explique et s’ils ont confiance en leurs gouvernants. »
    ~~> Dans ce cas, c’est sans compter sur les étudiants, assez souvent à l’origine de ce genre de mouvements. Car ça je peux en parler, je me balade d’université en université depuis 2000 (bon, à chacun son rythme ! 😉 ).
    Il y a quelques années, il y a eu la réforme sur la décentralisation. Certains points concernaient les universités : le but était de donner plus d’autonomie aux présidents d’universités, pour leur délier les mains (en pouvant plus facilement embaucher du personnel IATOS (Ingénieurs, Administratifs, Techniciens et Ouvriers de Service), ou encore en leur donnant la possibilité de mettre en place des possibilité de mettre en place des services d’activités industrielles et commerciales).
    Il avait été bien précisé que le personnel universitaire continuerait à dépendre de l’Etat, de même pour les diplômes et les formations. Ca n’a pas manqué, des syndicats comme l’UNEF ont poussé les gens à aller dans la rue (oui parce que ça allait créer trop d’inégalités, risque de dénaturer les formations, etc…). Pourtant, cette réforme n’avait vraiment rien de farfelu, elle donnait juste quelques éléments en plus à l’université. Bref, la partie de cette réforme concernant les universités a été retirée.
    Ensuite, il y a eu le LMD (Licence (bac+3) Master (bac+5) Doctorat (bac+8)). Ce système permet d’avoir une équivalence entre les diplômes européens et ainsi de favoriser les poursuites d’études à l’étranger.
    Ca n’a pas manqué non plus, les étudiants sont descendus dans la rue. Raisons invoquées : les diplômes de ceux qui sont sortis avant la réforme risquent d’être dévalués, les IUT (diplôme bac+2) et IUP (bac+4) sont foutus et aucune étude n’avait été menée pour savoir si le LMD était meilleur que le système précédent. Néanmoins, cette réforme a réussi à passer. Mais il a quand même fallu manifester avant de comprendre en quoi le LMD était intéressant ou non. 🙂 Je précise au passage que je suis passé par un IUT et qu’actuellement je suis des cours en IUP (enfin, hors mouvements de grève). Preuve que les revendications n’étaient pas vraiment justifiées.
    Aujourd’hui, « on » manifeste contre le CPE. Vu la difficulté qu’il y a eu pour faire passer (ou non) les deux petites réformes que je viens de rappeler, je doute qu’il soit possible de réussir quoi que ce soit juste en expliquant. Car même lorsque la réforme est bonne (de plus en plus de monde est de cet avis concernant le LMD), il faut que ça passe par la rue.

  11. Nico

    le 29 mars 2006

    Et bien, ce message fait réagir…
    Personnellement, il y a une chose qui me fait halluciner dans cette « crise » : en quoi le CPE est plus précaire que les contrats actuels ???
    Je m’explique :
    1) la plupart des jeunes débutent par des CDD de courte, voire de très courte durée actuellement : si enchainer des CDD de trois mois est moins précaire que le CPE, je veux bien qu’on m’explique en quoi
    2) les CDI actuels ne sont en rien protecteurs, cette idée du CDI hyper-protecteur est un mythe : un jeune embauché en CDI peut sans aucun problème se faire licencier dans les 2 premières années. Cela ne coûtera quasi rien à l’employeur (l’indemnité est d’1/5 d’un mois de salaire par année d’ancienneté : pour un jeune payé 1500 €, il aura maxi 300 € d’indemnité de licenciement… je ne vois pas en quoi cela est dissuasif). Et quand à la motivation du licenciement, très franchement, il n’y a rien de plus simple à trouver sauf si l’on a affaire à la perle rare, mais dans ce cas on ne souhaite pas le licencier.
    3) Si l’on compare un jeune en CDI qui se fait licencier et un jeune en CPE qui se fait licencier, mieux vaut être en CPE : les dispositifs d’accompagnement sont supérieurs (indemnité plus élevé, droit aux chômage plus avantageux, etc…)
    Une autre chose me gêne, la loi est votée par la représentation nationale : elle est votée, point barre ! Les mécontents n’auront qu’à manifester leur mécontentement lors des prochaines élections.
    Dernière chose, la pire, c’est que je pense que cette même loi, si elle avait été proposée par un gouvernement de gauche, n’aurait pas soulevé la même opposition…
    Cela fait quand même mal à l’ancien membre de l’UNEF-ID, à l’ancien militant du MJS, et à l’actuel (encore ?) électeur socialiste que je suis de devoir défendre un gouvernement UMP…
    On vit quand même dans un pays de fou qui reproche en permanence aux politiques leur inaction et qui bloque systématiquement toute réforme…
    Après une telle crise : je suis bien curieux de voir quel premier ministre osera faire une réforme sur l’emploi ! A part un dangereux comme Sarkozy peut-être… mais est-ce donc le but des manifestant d’en arriver là ?

  12. Erwann

    le 29 mars 2006

    Le pire, c’est que je dois reconnaître que tu n’as pas tord, nico.

  13. momo-89

    le 29 mars 2006

    je partage le point de vue d’erwann qui résume assez bien l’essentiel de ma pensée. j’aimerais que le france adapte des horaires de cours comme en espagne ou au japon avec moins de vacances. Parce que 38 h de cours par semaine c’est crevant et quand vous revenez chez vous, vous avez des dms ou controles. Les étudiants sont aujourd’hui surchargés (voir capital de ce mois ci).

  14. Moa

    le 30 mars 2006

    Je rajouterai une petite chose à tout ce qui a été dit :
    Qui ose me dire qu’un CPE est précaire…
    J’ai commencé avec un emploi jeune, grand miracle pour les jeunes !?
    5 ans dans une collectivité, une association… Avec pour seul droit d’être payé au minimum au SMIC. Aucune obligation de formation, quasiment aucune reprise d’ancienneté, et pour les moins chanceux, au bout de 5 ans, le chômage… Car une fois que l’on a supprimé les aides à de nombreuses structures, elles n’avaient d’autre possibilité que de licencier, faute de moyens. Essayez ensuite de vous recaser dans le privé !
    A cette époque, on n’a entendu personne… Et pourtant on a encore une fois creusé notre dette.
    Et puis un deuxième point : ne serait-il pas temps que l’on arrête d’être assisté pour tout. Quant on voit en plus les abus de notre société, on peut être certain d’aller dans le mur…
    Et pour terminer, une petit rêve perso…
    Que les patrons et les salariés comprennent que l’un sans l’autre ils ne sont rien… Il est temps que l’on établisse des relations gagnant/gagnant et là on pourra se vanter de l’exception française, car nous serons une société qui avance.

  15. DBardel

    le 31 mars 2006

    Eh bien je vois que même ici, sur ce blog animé quand même par quelqu’un qui nourrit une incontestable passion pour l’économie et la vie de l’entreprise, la question du CPE et les réactions qu’elle suscite ne sont pas analysées avec plus de discernement qu’ailleurs.
    Je vais faire court. Le 2 août 2005, Villepin a fait passer l’ordonnance n° 2005-893 relative au contrat
    « nouvelles embauches ». En janvier 2006, il faisait adopter, en recourant à l’article 49-3, son projet de loi sur l’égalité des chances, dont l’article 8 institue le CPE.
    Ces deux textes sont rigoureusement semblables, à ceci près que le CPE ne peut être conclu qu’avec un salarié âgé de moins de 26 ans à la signature du contrat, et que seules les entreprises de moins de 20 salariés peuvent recruter dans le cadre d’un CNE. Ces entreprises peuvent être des filiales de groupes dont la masse salariale n’est pas limitée.
    Donc, depuis le 1er septembre 2005, n’importe quel demandeur d’emploi peut être recruté dans le cadre d’un contrat se caractérisant par une période de deux ans pendant laquelle l’employeur peut le licencier sans fournir de justification.
    Il n’empêche que la France marche bel et bien à reculons : pourquoi les médias, les syndicats et les élus n’expliquent-ils pas aux jeunes qu’ils mènent le mauvais combat, puisque même dans le cas d’un retrait du fameux article 8, leur cause est entendue, et qu’ils seront alors embauchés avec un CNE ? Et pourquoi Villepin s’accroche-t-il avec autant d’entêtement à un contrat qui n’est qu’une doublette du précédent ? Puisque personne ne remet le CNE en cause…
    Il y a pas mal de trucs qui m’échappent dans cette histoire. J’ai même cru que si tout le monde s’acharnait de la sorte sur le CPE, c’était uniquement pour que personne ne pense à remettre sur le devant de la scène le CNE, auquel il suffira d’ajouter discrètement un tout petit alinéa l’été prochain pour que toutes les entreprises, sans critère de taille, puisse y recourir. Mais peut-être que je me trompe…
    Il n’empêche que le fait de laisser un pays basculer ainsi dans l’excès pour un texte qui n’apporte rien de nouveau, je regrette, mais c’est vraiment irresponsable. Cet entêtement me fiche une peur bleue.
    DB_quand_deux_autistes_se_rencontrent,_qu’est_ce_qu’ils_se_racontent ?

  16. Lightman

    le 31 mars 2006

    Dbardel> La différence entre CNE et CPE, c’est que les syndicats ont peu de poids sur les entreprises de moins de 20 salariés (CNE), alors que dès qu’il y a une mesure destinée aux jeunes (CPE), on peut y adjoindre les syndicats étudiants, et les profs, qui ne sont jamais les derniers quand il s’agit de protester/manifester/gueuler, quelle qu’en soit la raison 🙂

  17. Erwann

    le 31 mars 2006

    Le Cne, même s’il reste abérant, estplus compréhensible que le Cpe.
    Puisque les entreprises de moins de 20 salariés ont peine à recruter en plein emploi, et à virer facilement lors d’une crise.
    Et je pense que les PME n’ont pas l’aide des assurances, banques, des actionnaires ou d’autres entreprises que les grosses entreprises.
    L’odssée interractive n’est plus devenu une simple Pme depuis qu’elle dépasse les 30 employés, qu’elle a un grand soutient du crédit agricole, et de ses actionnaires. Gameloft et Hi media. Je me trompe ? Pourtant lightman, lorsque tu as commencé, ton entreprise était plus fragile qu’aujourd’hui. Je me trompe ?

  18. Lightman

    le 31 mars 2006

    Erwann> On n’a aucun soutien du Crédit Agricole. Mais, s’ils veulent nous soutenir, nous on est preneur de tout chèque ! J’envoie le RIB de la société sur simple demande !! 🙂
    L’Odyssée Interactive est clairement moins fragile qu’entre 1997 et 1998 où on se demandait si le mois suivant on aurait de quoi se payer ! Mais on n’est pas encore devenu une grosse entreprise…

  19. Erwann

    le 31 mars 2006

    Donc aujourd’hui, tu asc moins peur d’embaucher une personne sur la longue durée.
    Mais, moi, je voulais vraiment te poser la question, car en tant qu’étudiant, j’aurai aimé connaitre l’avis des Pme qui emploient des djeunzz…
    Est ce que tu penses que tu auras besoin d’embaucher en Cpe?
    As tu déjà licencié des personnes à l’odyssée interractive? Si oui, combien ?
    Y’a t’il eu des employés qui t’ont déçu car ils étaient nuls ? Si oui… des noms!!! ^^

  20. Erwann

    le 31 mars 2006

    Et puis lightman, j’ai été le premier à te suggérer de délocaliser en Roumanie.
    C’est que entre cette belle blonde :
    http://www.sachsreport.com/beautiful%20blonde%20russian%20women.jpg
    Et cette autre belle blonde:
    http://antre-jv.dyndns.org/archiveswebcam.php?numero=1122042600
    Il n’y a pas photo.
    Sinon, je peux t’apprendre le Roumain. J’ai eu 18/20 en initiation au premier semestre. ^^
    J’apprends le roumain avec le Erwann.^^Méthode pour les nuls… mais alors les nuls…

  21. Lightman

    le 1 avril 2006

    Erwann> Est-ce que j’aurais besoin d’embaucher en CPE ? Actuellement, certains postes de l’entreprise sont en CDD. Si le CPE avait existé, je l’aurais plutôt utilisé en lieu et place d’un CDD : plus de souplesse pour l’entreprise, et aussi, je crois, plus de garanties pour le salarié.
    Jusqu’à présent, les gens qui sont partis de L’Odyssée Interactive, c’est des gens qu’on n’a pas gardé suite à leur période d’essai (et là effectivement il est arrivé qu’on ait des « nuls » pour reprendre tes termes :-). Ou alors, c’était des gens qu’on n’a pas renouvelé suite à un CDD (soit qu’on n’avait plus l’activité pour cela, soit que la personne ne donnait pas satisfaction)…
    Je touche du bois, mais pour l’instant, je n’ai eu aucun licenciement économique à faire.

  22. Lightman

    le 1 avril 2006

    Erwann> Pour la Roumanie, pourquoi pas, ce pays a des arguments intéressants ! 🙂
    Plus sérieusement, il est probable qu’on sous-traite bientôt une petite activité, mais plutôt dans un pays francophone de type Tunisie ou Maroc…

  23. Klab

    le 1 avril 2006

    Je vais faire court : le CPE ou CNE c’est pas le probleme, le probleme c’est la precarite qui existe vraiment dans notre pays (et ailleurs) mais aussi une mentalite francaise plus negative, jamais contente (tres bien reprise par les journaux etrangers). Je suis pas forcement pour le CPE/CNE parce que ca changera pas grand chose faut etre realiste mais quand je vois la m_rde que ca faut ces manifs, je trouve que quitte a se mobiliser, les etudiants devraient remettre en question leur formation qui n’est pas adaptee plutot que de fantasmer sur le fonctionnariat. C’est direct mais encore une fois les francais gueulent contre la consequence (probleme d’insertion) et pas la source du probleme (la formation)………… Meme si de toutes facons d’autres problemes viennent se greffer a ca.

  24. Erwann

    le 2 avril 2006

    Le vrai problème français, c’est le logement. A quand un loyer en cité U pour TOUS à 100 € par mois ? Même pour les jeunes qui travaillent et qui n’étudient pas forcément !

  25. Paulop

    le 4 avril 2006

    http://gaijinteam.free.fr/critpolit/
    Quelques pensées vite fait l’autre jour, les idées ne fusent pas quand on a pas quelqu’un avec qui developper et débattre…