La fabrique du crétin

Le 21 juillet 2006

Voici un livre bien vindicatif à l’égard du système éducatif français. En même temps, au-delà de son caractère virulent, on ne peut qu’être d’accord avec le constat de l’auteur, dont je retiens 4 points qui m’ont marqué :

– Le niveau de culture et de connaissances exigé dans nos écoles baisse de façon continue depuis plusieurs décennies… D’ailleurs les jeunes en sont conscients quand ils comparent leur niveau avec celui de leurs aïeux… Aujourd’hui, 30% des élèves qui rentrent en 6ème ne maîtrisent pas les connaissances de base en lecture et calcul (en gros il ne savent ni lire ni compter convenablement). Raah la méthode de lecture globale : quelle connerie !
Une preuve ? Il y a 30 ans, le système éducatif recrutait ses instits au niveau bac. De nos jours, pour faire la même chose, les IUFM sont accessibles à bac+3 ! La différence ? Aujourd’hui, on peut trouver des "professeurs des écoles" qui ne savent pas écrire une lettre sans faire une faute par ligne…

– Quand on écoute les politiques (ministres de l’éducation en tête), les syndicats enseignants, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes (Huxley est d’ailleurs cité à plusieurs reprises dans l’ouvrage)… Et pourtant, j’ai bien l’impression qu’on forme de plus en plus de chômeurs, mal ou pas préparés à affronter le monde du travail, et encore moins à s’adapter à la demande fluctuante de ce marché.

– L’orthographe est désormais un luxe, et ce ne sont pas les CV que je reçois regulièrement qui démentent ce constat : même à bac+5, il m’arrive de trouver des lettres de motivation ou des CV bourrés de fautes ! Forcément, si l’on compte seulement sur le correcteur orthographique de Word… Au fait, si vous postulez à L’Odyssée Interactive ou à Testadaz, je vous conseille de bien vous relire ! Ne pas être un génie de l’orthographe est une chose, n’être pas capable de se relire (ou de se faire corriger) afin d’envoyer une lettre sans fautes en est une autre !

– Là on arrive au goût d’apprendre et plus globalement au goût de l’effort, et du travail bien fait… Ce n’est pas en plaçant "l’élève au coeur du système" qu’on arrive à de meilleurs résultats… Là, l’auteur, qui a enseigné pendant 12 ans en ZEP cite des exemples de profs, qui pour plaire à leur auditoire, étudient plus volontiers des textes de NTM que ceux de Voltaire ou Camus. Là aussi, il faut savoir ce qu’on veut : l’école serait-elle devenue une garderie ? Un univers de régression où tous les écrits, où tous les auteurs se valent ?

Voilà en tout cas, un livre énergique qui énonce pas mal de vérités, et pointe les nombreuses lacunes du système éducatif français. Certes, l’auteur tombe parfois dans l’excès de pessimisme ou de virulence, mais il a le mérite de dire les choses, enfin !

Commentaires

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  1. laurent

    le 22 juillet 2006

    Bon ! Et si un candidat écrit cette phrase dans sa lettre, tu réagis ou tu laisses passer ?
    Je cite la phrase :
    « Ne pas être un génie de l’orthographe est une chose, n’être pas capable de se relire (ou de se faire corriger) afin d’envoyer une lettre sans fautes en est une autre ! »
    😉

  2. Lightman

    le 23 juillet 2006

    Laurent> Je ne réagis pas car je ne vois pas de fautes dans cette phrase. Tu fais sans doute allusion au « s » à fautes. Voici la règle : On écrit une dictée SANS FAUTES (d’orthographe), mais on dit à quelqu’un : Venez SANS FAUTE (à coup sûr).
    Source : Radio Canada
    Vois-tu autre chose ?

  3. Kiouv

    le 24 juillet 2006

    Cassé
    🙂

  4. Zippy

    le 24 juillet 2006

    Kiouv > Pour être dans le vent, il faut écrire TKC maintenant 🙂
    Sinon, je viens de trouver ce site : http://www.ecrirepourtous.org/
    Il permet de se faire corriger les fautes… gratuitement 🙂

  5. laurent

    le 25 juillet 2006

    Zippy> Pour TKC, tu as trouvé la règle sur Radio Canada toi aussi ?
    Lightman> Cette « règle » n’est pas exacte, c’est une simplification. Certes, c’est le pluriel qui est le plus fréquent pour « ta » phrase, mais on peut aussi employer le singulier.
    Voici ma source :
    http://www.academie-francaise.fr/langue/index.html
    Puis se rendre au bas de la rubrique Questions courantes (sur la gauche) jusqu’à Sans chapeau, sans chaussures.
    Une bonne occasion d’apprendre des choses intéressantes, cette note.

  6. Lightman

    le 25 juillet 2006

    Laurent> Je ne voudrais pas chipoter, mais ta source me donne également raison. Je cite l’Académie Française :
    […] dès lors que ce dont on parle peut suggérer l’idée de pluralité, c’est le pluriel qui est le plus fréquent. On écrira : Un devoir sans fautes, en jugeant qu’un tel devoir aurait d’ordinaire comporté plusieurs fautes (qu’une faute ne vient jamais seule), plutôt qu’un devoir sans faute, sauf si l’on veut insister sur le caractère exceptionnel de la chose, comme on dirait : sans aucune faute, sans la moindre faute.
    Or, dans ma note, je fais allusion aux lettres des candidats qui sont généralement bourrées de fautes (donc il y en a plusieurs). cqfd 🙂
    Mais, bon je suis loin d’être infaillible en orthographe, et il serait facile de me coincer en la matière 😉

  7. pepe

    le 16 mai 2007

    La révolusyon de l’ortograf è déja komansé é èl se propaj rapidman…-> http://www.ortograf.net