Zone franche urbaine à Clermont

Le 1 mai 2004

Un p’tit article intéressant sur Cantal.com nous parle d’une zone franche qui vient de s’ouvrir dans notre métropole régionale (Clermont-Ferrand). Alors une « zone franche », pour les béotiens, c’est en résumé une zone géographique donnée sur laquelle les entreprises qui s’implantent bénéficient d’avantages fiscaux. Les créateurs d’entreprises, au moment de choisir une implantation, sont donc tout naturellement tentés d’aller s’installer dans ces zones-là…
Dans cet article de Cantal.com, j’ai appris avec stupeur que près de 10% du territoire clermontois était concerné… Je dis « avec stupeur », car nous autres cantaliens réclamons (en vain) cette mesure depuis pas mal de temps pour notre département en voie de désertification (260.000 habitants il y a 150 ans, 150.000 aujourd’hui avec un solde de -1.000 par an). Le Cantal étant l’un des 4 ou 5 départements les plus pauvres de France, cela ne me semblait pas infondé que de demander une zone franche rurale, calquée sur le modèle des zones franches urbaines actuelles.


Rendre Clermont plus attractif est une chose, mais au niveau régional, ouvrir une zone franche en priorité à Clermont, c’est prendre le problème à l’envers… Une zone franche clermontoise n’attirera de toutes façons pas les entreprises nationales qui auront toujours du mal à venir sur Clermont qui est beaucoup trop loin de Paris et pas très bien desservie en transports (et à titre individuel, on a certes les avantages de la ville mais aussi sa pollution, ses embouteillages…). Non, la seule chose que cette mesure va réussir à faire, c’est attirer les entreprises périphériques et dépeupler encore un peu plus les campagnes limitrophes au profit de Clermont…


Maintenant, tout le monde raisonne comme ça. Aurillac se réjouit d’accueillir les cantalous des campagnes, Clermont accueille les cantalous d’Aurillac, Paris accueille les auvergnats en manque de CO²… Bref, dans 50 ans on va se retrouver avec de gigantesques métropoles de plus en plus polluées, avec des populations de plus en plus entassées, et des campagnes de plus en plus désertes et de moins en moins entretenues… C’est génial 🙁


Et qu’on ne vienne pas me dire que le gouvernement et nos élus régionaux font de l’aménagement du territoire une de leurs priorités, ça a le don de m’énerver…

Commentaires

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  1. Jack

    le 1 mai 2004

    La facon dont tu décris Paris (« Bref, dans 50 ans on va se retrouver avec de gigantesques métropoles de plus en plus polluées, avec des populations de plus en plus entassées, et des campagnes de plus en plus désertes et de moins en moins entretenues… C’est génial :-(‘ – [même si t’as pas dit Paris, je me doute que ca le désigne]), je la trouve fausse, je sais pas si t’as déjà habité à Paris, mais, moi, y habitant, je trouve que c’est bien mieux que la campagne, éloignée de tout, alors qu’à paris t’as ce qu’il te faut dans un rayon de 500 mètres…

  2. Lightman

    le 1 mai 2004

    Jack> Je n’ai jamais habité à Paris, mais j’y vais de temps en temps (le moins souvent possible à vrai dire). Les grandes métropoles, je ne pourrai pas y vivre, ce qui ne m’empêche pas d’aller dans certaines de temps en temps (dans une semaine, je pars à Los Angeles avec deux rédacteurs de JeuxVideo.com pour le salon mondial du jeu vidéo)…
    Un appart minuscule, du bitume à perte de vue, l’humidité et la puanteur du métro, un ciel éternellement gris (à Tokyo on ne voit presque jamais les étoiles la nuit) et n’avoir pour coin de verdure qu’un parc dont la pelouse ressemble à un terrain de golf, avec pour faune 3-4 pigeons et 2 canards, non merci… Maintenant, ça c’est une affaire de goût. Moi j’aime la nature et j’ai toujours habité près des grands espaces, alors la ville tu comprends que ça me laisse un peu froid… Et le fait de pouvoir aller manger au Mc Do en 5 minutes n’y change rien 😉
    Maintenant au-delà du goût des uns et des autres pour la campagne ou la ville, il y a l’intérêt écologique de la population en général. La désertification rurale n’est une bonne chose ni pour la ville (pollution), ni pour la campagne (friches…). Alors de mon point de vue, si on fait des choses pour accentuer le phénomène, c’est une connerie.

  3. Canna

    le 1 mai 2004

    Et la polution en prime sur Paris !
    je suis très bien à la campagne 🙂
    me faut de la forêt pour être bien à moi :).
    *est pu venue ici depuis longtps et s’en excuse*

  4. Jack

    le 1 mai 2004

    Pour Los Angeles et de l’E3, merci de ne pas en parler avant que je ne fasse une crise de jalousie :p
    Par contre, sur le MacDo, je ferai pas 30 centimètres pour y manger…
    Quand tu dis :
    « Un appart minuscule, du bitume à perte de vue, l’humidité et la puanteur du métro, un ciel éternellement gris (à Tokyo on ne voit presque jamais les étoiles la nuit) et n’avoir pour coin de verdure qu’un parc dont la pelouse ressemble à un terrain de golf, avec pour faune 3-4 pigeons et 2 canards, non merci…’
    Y’a pas que des apparts minuscules… :s
    Le bitume ca gène quoi ? C’est mieux que les chemins boueux où il faut des bottes pour passer…
    La puanteur du métro, moi, je l’utilise rarement, mais c’est très pratique quand on a pas de voiture…
    Aujourd’hui, le ciel était tout bleu…
    Et enfin, la verdure, je suis pas du tout d’accord, juste à côté de chez moi, y’a le jardin du Luxembourg, 1km de côté…et c’est vraiment rien par rapport à toute la verdure qu’il y a dans Paris…

  5. Lightman

    le 1 mai 2004

    Hé Jack, moi j’te parle de grands espaces et toi tu me réponds « Jardin du Luxembourg », j’te jure ! T’es un citadin pure souche, je pourrai jamais te convaincre, lol ! 🙂
    Juste pour info, ton Jardin du Luxembourg fait 23 hectares si j’en crois une recherche sur Google. Ici, le Parc des Volcans d’Auvergne s’étend sur 395.070 hectares 😉

  6. Jack

    le 1 mai 2004

    Mah mais moi j’ai pas besoin de marcher sur 395000 hectares ! Je ne changerai jamais d’avis :p

  7. Canna

    le 2 mai 2004

    C’est « artificiel » ce jardin, c’est pas comme une véritable forêt 🙂
    « C’est mieux que les chemins boueux où il faut des bottes pour passer… »
    -> Un avis sans cliché, tu es capable de le faire ? :p. nan mais sérieux je te rapelle k’on vie au XXIè sicèle kan même…

  8. TElombre

    le 3 mai 2004

    Effectivement depuis le 1er janvier dernier, la zone franche urbaine de Clermont-Ferrand est entrée en application dans les quartiers nord de la ville. Ce dispositif d’exonérations fiscales et sociales est destiné à renforcer l’attractivité économique des territoires concernés pour favoriser le maintien, la création et le développement d’activités et d’emplois.
    Avec l’appui de tous ses partenaires, Clermont Communauté assure la charge du développement économique de la zone. La CCI de Clermont-Ferrand / Issoire est naturellement en première ligne pour accompagner les entrepreneurs dans leur projet de création ou de développement. Elle tiendra notamment des permanences dans le Guichet unique ouvert par Clermont Communauté, au 133 boulevard Clémentel, et animé par Nathalie Coutouly.
    Commerce Industrie Services reviendra prochainement sur cet important dossier dont j’ai eu les informations.
    Au passage Lightman pour que je puisse afficher les sources de mes documents je voudrais savoir comment on installe un lien sur ce blog. A savoir que j’avais posé la question sur ICQ mais j’ai eu le droit qu’à un bref « salut » de ta part mdr le vilain! :-p

  9. DBardel

    le 3 mai 2004

    Attention aux confusions que l’appellation « zone franche » peut entraîner… Il me semble que j’avais abordé le sujet dans mon P’tit journal estival (j’ai un peu la flemme de chercher, à vrai dire), en rappelant que la « zone franche » que les décideurs cantaliens appellent de leurs vœux n’a rien à voir avec celles qui existent autour de certaines grandes villes.
    Le Cantal souhaite que des aides significatives soient consenties à TOUTES les entreprises installées ou à venir sur l’ensemble du département. Si j’ai bien compris, le but poursuivi est d’encourager les entrepreneurs, actuels ou futurs, à ne pas faire l’impasse sur les coûts engendrés par l’enclavement du département. Bon, je schématise très grossièrement, mais il me semble que l’esprit est là. Attirer les entreprises par des mesures fiscales avantageuses, pour contre-balancer les handicaps qu’elles subissent du fait de leur éloignement de… de tout.
    Une zone franche urbaine, à moins que la chose ait changé tout récemment, c’est très différent. Il s’agit d’une mesure destinée à encourager les entreprises (au début, c’étaient surtout les commerçants qui étaient visés) à rester là où tout le monde rêve de foutre le camp. A cause de taux de chômage hallucinants, à cause de dégradations continuelles des bâtiments et équipements, à cause d’une délinquance galopante, à cause de la violence partout et contre tous, à cause que ces fameuses « zones » se sont, au fil des ans, transformées en véritables ghettos. Sans y avoir vécu, je connais quelques-unes de ces zones franches : autour de Lyon, autour de Grenoble, à Saint-Etienne…
    Les raisons qui font que les entreprises sont encouragées à s’implanter dans ces fameuses « zones franches » urbaines sont extrêmement éloignées de celles qui motivent les décideurs cantaliens. Ce n’est pas la même planète. Maintenant, il est évident que le système « urbain » a été perverti et profite à des entreprises qui n’ont absolument pas besoin de ces aides. Il est évident aussi que les populations locales ne bénéficient pas des retombées attendues de telles mesures. Mais là, c’est un autre débat.
    DB_bavarde

  10. Lightman

    le 3 mai 2004

    DB> Je ne connais pas très bien ces zones franches urbaines de Grenoble ou Lyon, mais celle de Clermont n’a, me semble-t-il, pas été lancée pour soutenir l’activité existante qui serait partie sinon, mais bien pour y attirer les porteurs de projet extérieurs et développer l’activité économique de Clermont.
    Je doute quand même que 10% de la ville de Clermont soit à ce point pleine de violence, de délinquance, qu’une zone franche soit devenue indispensable… C’est justement pour ça que je conteste son implantation, alors même que de telles zones me semblent vitales dans certains quartiers dits sensibles ou dans un département comme le Cantal…
    Quant à l’appelation, je suis d’accord avec toi, c’est peut-être un abus de langage de parler de « zone franche ». Tu as d’ailleurs pafaitement résumé les objectifs dans ton premier paragraphe.