Nous n'irons plus au Vélorail

Le 10 juillet 2004

La nouvelle est tombée il y a quelques semaines : les activités du Vélorail sont fermées. La SNCF aurait refusé de renouveler la licence d’exploitation des lignes. Cela semble être confirmé par l’annonce sur le site internet du Vélorail du Cézallier
Pour ceux qui l’ignorent, ce que j’appelle communément le vélorail, c’est une activité touristique  basée sur des lignes de chemin de fer désaffectées (malheureusement nombreuses dans notre département). L’utilisateur loue une sorte de double-vélo qui se pose sur les rails, et qui lui permet d’admirer les formidables paysages cantaliens à partir de la voie ferrée. Pour voir à quoi ça ressemble, rendez-vous ici.


Derrière cette fermeture (temporaire ?), on ne peut s’empêcher de percevoir l’ombre de la querelle qui oppose depuis les dernières élections municipales le maire actuel d’Allanche à l’ancien (dont l’épouse est la gérante des activités de Vélorail)… Une querelle stupide comme tous les guéguerres post-électorales dans un petit village… Je ne vais pas refaire l’historique, d’abord parce que j’ai une connaissance très partielle de cette querelle de clocher, et surtout parce qu’il y a désormais une affaire en cours en justice…


En tout cas, pour ma part et d’un point de vue strictement personnel, ce n’est pas sans un petit pincement au coeur que j’ai appris la nouvelle de la fermeture du Vélorail. En effet, l’association du Vélorail du Cézallier avait été l’un des tout premiers clients de L’Odyssée Interactive. Nous avions conçu leur site internet, et j’avais même développé moi-même le logiciel de réservation et d’impression des billets. Et quand on monte une boîte, je peux vous dire que les premiers clients sont importants !
Alors bon, je ne vais pas prendre partie dans cette histoire, mais me borner à constater les faits :


1) Le Vélorail du Cézallier à Allanche et les Draisines du Cantal à Mauriac* étaient de véritables succès touristiques : chaque année des dizaines de milliers de personnes se pressaient pour pratiquer ce sport mais surtout profiter de ce point de vue unique vers nos paysages cantaliens à la nature préservée.


2) Cette activité constituait un véritable pole d’attraction, et certains professionnels (notamment en hôtellerie) s’en servaient pour attirer leurs clients (mention de l’activité dans de nombreux sites web ou plaquettes d’hôteliers).


3) L’activité du Vélorail était basée en zone rurale et employait beaucoup de saisonniers pendant l’été.


4) Il est indéniable que le Vélorail bénéficiait aux commerçants et plus généralement à tous les acteurs économiques situés à proximité des gares d’embarquement.


5) Un travail énorme a été réalisé tout au long des années par les dirigeants du Vélorail, et par l’équipe opérationnelle. Ce travail a contribué à :
– Redynamiser les communes rurales qui bordent le vélorail
– Fixer le touriste (plus il y a d’activités, plus les gens sont tentés de rester longtemps)
– Redorer l’image de marque du Cantal rural


6) De mon oeil extérieur, je ne vois aucune raison objective pour refuser l’exploitation des lignes SNCF désaffectées cette année. En effet :
– Pourquoi refuser l’exploitation d’une activité en 2004 alors qu’elle fonctionne déjà sans problème et dans les mêmes conditions depuis 7 ou 8 ans ?
– Il existe plus d’une dizaine d’activités de vélorail en France et à ma connaissance, seules les deux lignes cantaliennes se sont vues refuser l’agrément. Les raisons de sécurité ou de mauvais entretien me paraissent donc irrecevables.


Mais, quoiqu’il en soit, aujourd’hui tout est fermé. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est un beau gachis. A qui la faute ? A qui profite le crime ? Je n’en sais rien, mais je me borne à constater que tout le monde est perdant dans cette histoire :
– Le Vélorail
– Les salariés qui se retrouvent sans emploi
– Les communes qui n’ont plus de recette fiscale
– Les commerçants et les hôteliers locaux qui vont voir inévitablement leur chiffre d’affaire baisser cet été
– Et plus généralement toute la chaîne touristique cantalienne qui a un argument de moins à faire valoir…


NUL !


 


* Je ne connaissais pas le site web de Mauriac : mon Dieu qu’il est laid !!!

Commentaires

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  1. Jack

    le 10 juillet 2004

    Je confirme, le site web de Mauriac est affreux.

  2. Le_directeur90

    le 11 juillet 2004

    Agree ! Ca fait genre page peronelle d’il y a deux sciècles !
    (tsss ! ben voilà a mon tour ^^ je viens d’ouvrir un blog… pfff en plus je parie que j’arriverai pas à le tenir plus de deux semaines ^^)

  3. Lightman

    le 17 juillet 2004

    Dernière minute : un reportage – très bien fait au demeurant – vient d’être diffusé sur France 3 Auvergne, montrant les commerçants et les habitants d’Allanche en train de manifester sous le slogan « mort du vélorail = mort d’Allanche ».
    Ca fait plaisir de voir que je ne suis pas le seul à me rendre compte que l’arrêt de l’activité est une perte énorme pour la commune (et pour le Cantal). Il n’y a guère que Mr Auriol, 1er adjoint au maire d’Allanche, interrogé par France 3, qui minimise le problème. Vivement les prochaines municipales, les habitants d’Allanche pourront se débarasser de quelques incompétents qui semblent encombrer la mairie et se satisfaire du dépérissement de leur commune.