Adieu LinkedIn

Le 19 septembre 2019

J’ai fermé mon compte LinkedIn hier. Définitivement. Comme le prélude à un désengagement total des réseaux sociaux. Il y aura ensuite Twitter, puis enfin Facebook, le plus difficile, c’est là que j’ai les échanges les plus soutenus.

Je m’étais inscrit il y a bien longtemps, au moment où la plateforme était encore fréquentée exclusivement par des locuteurs anglophones. Plus tard, vers 2011, le site sera traduit en français, ce qui permettra l’adoption par le vulgum pecus. Depuis, Linkedin s’est massifié, il est devenu le meilleur instrument d’auto-promotion et d’auto-célébration égocentrique pour les « professionnels ». Chacun parle, pérore, plastronne, pontifie, déclare solennellement, discourt, parade, s’épanche… Mais personne n’écoute. Un peu comme ces piliers de comptoir éméchés et désinhibés qui, en fin de soirée, abordent vulgairement tout le monde pour raconter leur vie. Sur Linkedin, nous sommes tous des piliers de comptoir qui parlons à tout le monde de nos incroyaaaables succès professionnels. La différence avec le bar de la vraie vie, c’est que sur LinkedIn, même si la salle est remplie de piliers de comptoir, il n’y a aucun barman pour rabrouer les mecs bourrés et leur conseiller de rentrer chez eux pour retrouver leur femme et leurs gosses.

Il faut noter que le fidèle de Linkedin n’y vient pas seulement pour assouvir un besoin narcissique. Il n’y vient pas pour échanger, non, mais plutôt par pur intérêt : soit pour faire avancer sa carrière, soit pour faire la publicité de son petit business. Tout cela donne un niveau d’échanges médiocre, et des relations biaisées, en carton-pâte.

Mais, je quitte surtout LinkedIn pour avoir la paix ! Après avoir déjà désactivé toutes les notifications il y a quelques années – une mesure de santé publique à conseiller à tout le monde – je ne veux plus que des dizaines de parfaits inconnus me souhaitent mon « anniversaire professionnel », ou bien me félicitent pour la moindre modification de mon CV, en utilisant les formules toutes faites de la plateforme. Franchement, qui aime recevoir « Joyeux anniversaire professionnel » quand on sait que l’inconnu qui vous transmet le message n’a même pas pris la peine de l’écrire et de le personnaliser ?

Je ne veux plus non plus me sentir obligé de me connecter pour répondre aux sollicitations, et être ainsi victime de ces outils délétères qui tirent partie de nos faiblesses neurologiques, puisqu’il est établi que les réseaux sociaux activent le circuit de la récompense de notre cerveau – de la même façon que le sucre – ce qui nous pousse irrésistiblement à nous y reconnecter.

Qu’est-ce que j’y perds ? Rien du tout. Si on veut vraiment me contacter, je suis facilement accessible.
Qu’est-ce que j’y gagne ? Une sérénité, une tranquillité d’esprit, condition sine qua non pour être pleinement conscient et concentré pour d’autres actions plus impactantes. On ne change pas le monde en discutant sur Facebook ou LinkedIn. Et on ne se fait pas de vrais amis sur des plates-formes qui ont été conçues pour vous faire perdre votre temps, et pour vous rendre dépendant afin de mieux monnayer vos données et votre temps de cerveau disponible.

Commentaires

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  1. Bruno GONZALVEZ

    le 19 septembre 2019

    … et, peu à peu, on en revient à de la communication ciblée, intelligente, utile. Quitte à faire mon vieux c* (mais j’ai le droit parce que ça fait 25 ans que je bosse sur Internet), je pourrais presque me laisser aller à professer une maxime bien connue des piliers de comptoir : « C’était mieux avant ! »
    Avant, c’est l’époque des blogs où on pouvait s’informer (et informer) sans être noyé par du bruit non sollicité. Avant, c’est l’époque des forums de discussions où on échangeait autour de sujets plus ou moins précis, sous l’œil vigilant de modérateurs soucieux de préserver la qualité des débats. Avant, c’est finalement ce temps d’avant les réseaux sociaux qui ne permettent ni de réseauter ni d’avoir de rapports sociaux dignes de ce nom.
    Des millions d’amis, mais de moins en moins de vrais contacts.
    Des millions d’avis, mais de moins en moins utiles.
    Des millions de presque riens qui forment un tout plein de vide…

  2. Yannick

    le 20 septembre 2019

    Comment as tu imaginé de diffuser tes acticles ? les réseaux sociaux font partie de tes outils de promotion non ? 100% google ?

  3. lightman

    le 20 septembre 2019

    Yannick> En fait, je n’ai pas vraiment de stratégie, c’est juste que je me rends compte, au fil de mes lectures, de l’influence des réseaux sociaux sur ma vie, sur mon attention, sur ma capacité de concentration… et que j’ai décidé que ce n’était plus acceptable, ma vie étant plus importante que l’audience de mon blog 🙂
    Cela dit, on va ajouter à ce site une gestion de newsletter pour fidéliser, à l’ancienne. Comme Bruno, je regrette que Facebook ait tué les blogs et ainsi indirectement l’accessibilité à des contenus originaux et de qualité. C’est une sorte de retour en arrière, mais ça correspond à ce que je veux aujourd’hui. Et même si ça doit se traduire par une audience faible, tant pis.

  4. Yoan De Macedo

    le 23 septembre 2019

    Je comprends tout à fait. Moi aussi, la grande époque des blogs et des forums me manque un peu. Tout ça existe toujours ceci dit mais les réseaux sociaux ont capté une bonne partie de l’attention des gens. C’est bien dommage.

  5. lightman

    le 24 septembre 2019

    Yoan > Oui, et en captant l’audience des blogs, les réseaux sociaux – et Facebook en particulier – ont provoqué la fermeture de centaines d’entre eux et par la même un appauvrissement considérable du net. Bon, la prochaine fois que je passe à Clermont, faudra qu’on déjeuner ensemble, on refera le web ! 🙂

  6. usr8976

    le 30 septembre 2019

    Les réseaux sociaux, c’est de la vitrine d’ego. Les gens collectionnent les comptes. J’ai connu Facebook vers 2007, mais je n’y ai ouvert mon premier compte qu’en 2009 et parce qu’il y avait une pression parmi les gamins autour de moi. J’en suis à mon 3ème compte, ouvert en 2014, or je ne me sers plus que de Messenger. Facebook me harcèle pour obtenir mon numéro de téléphone et mes contacts, d’abord en me forçant à changer mon MDP pour m’inciter à activer la 2FA, requérant un numéro de téléphone, ensuite en me redemandant l’accès à mes contacts à chaque fois lancement de l’app. J’en suis sur le point de faire supprimer le compte. J’ai connu Twitter vers fin 2008, et idem. Je n’ai ouvert de compte qu’en 2009. En 2015, j’ai fait fermer mon 2ème et dernier compte. Quant à LinkedIn, j’ai connu ça en 2010, et je n’y ai ouvert de compte qu’en 2013. J’en suis aussi à mon 2ème compte, et je vais le fermer tôt ou tard parce qu’il s’agit d’un compte mort. Ces trucs sont totalement dispensables et bidons. Ça y raconte des trivialités, ça s’y souhaite un bon anniversaire que ça ne se souhaiterait jamais sans la notif de rappel, tout y est creux, et on y gâche son temps de vie. La seule chose qui forcerait tout le monde à abandonner les réseaux sociaux, ce serait un scandale à grande échelle concernant des données privées importantes de nombreux utilisateurs. En attendant, ces trucs ont siphonné Internet. Facebook est devenu un agrégateur d’info dangereux. Twitter, c’est un cancer de la société. LinkedIn, c’est juste un truc de vieux CSP+ tradis qui jouent les businessmen. Quant à Snapchat, c’est devenu un truc de trentenaires en midlife crisis qui veulent encore se sentir dans le coup. De tous, Facebook est le plus dangereux, mais dans tous les cas, ces machins font pitié.

  7. Facexit étape 1 – pissavy|.com

    le 10 octobre 2019

    […] avoir supprimé mon profil LinkedIn, puis une semaine plus tard mon compte Twitter, il était temps que je m’attaque à Facebook. […]