Elections CCI 2004
En novembre prochain se dérouleront les élections des Chambres de Commerce et d’Industrie. Puisque ma société dépend de l’antenne cantalienne de cette vénérable institution, l’occasion de faire connaître mon point de vue sur la question m’est donnée sur ce weblog. Ce point de vue, il tient en deux lignes directrices et en un état d’esprit.
Mais tout d’abord, un constat de la situation actuelle :
1) La désertification et le dépeuplement du département dû en grande partie à l’absence de travail ici.
2) L’enclavement routier, aérien et ferroviaire qui n’a jamais été aussi important pour la partie ouest du département (Aurillac), à cause de la hausse du prix du billet d’avion et de la suppression de certains trains.
Face à cela, la Chambre de Commerce et d’Industrie ne peut avoir qu’un état d’esprit pragmatique mais conquérant et ambitieux. La CCI, c’est la maison des entreprises comme aime à le dire le Président Bouniol. La formule est jolie mais fait un peu trop « institution », un peu trop « rond de cuir ». Moi je préfererais qu’on dise que la Chambre de Commerce c’est « l’entreprise des entreprises ». Je préfère être considéré comme un actionnaire de la CCI que comme un invité ou un visiteur… Le business de toute CCI, c’est bien sûr d’aider les entreprises par de la formation, siéger à la CDEC, etc… Mais c’est aussi de faire en sorte qu’un maximum d’entreprises se créent, lesquelles génèrent alors des recettes, qui permettent ensuite à la CCI d’augmenter son budget et de monter des projets… Je demande donc un esprit de chef d’entreprise pour les élus de la CCI. Et comme pour tout décideur, je demande que les élus de la CCI soient jugés sur des résultats. Pas sur quelque chose d’abstrait ou de subjectif mais sur des chiffres.
Sur quoi est jugé un chef d’entreprise ? Sur le résultat net à la fin de son exercice, à la limite sur le chiffre d’affaire ou le nombre de salariés. Mais *toujours* sur des chiffres. On ne se dit jamais d’un PDG de telle boîte qu’il a bien fait son boulot s’il a mis sa société au bord du dépôt de bilan. Dans ce cas-là, ses actionnaires le virent et le remplacent le plus vite possible par quelqu’un de plus compétent.
Sur quels critères peut-on juger les membres de la CCI du Cantal ?
– Sur le nombre annuel de créations d’entreprises depuis 10 ans. A-t-il augmenté ? Diminué ? Stagné ?
– Sur le budget de la CCI : augmentation, diminution ?
– Sur la fréquentation de la ligne aérienne et sur le prix du billet Aurillac/Paris.
– Ce ne sont que quelques exemples, on peut en trouver d’autres…
Il y a quelques semaines, on m’a sollicité pour me présenter à ces élections. Si jamais je me présente, j’annoncerai clairement les orientations, et surtout les chiffres sur lequel mon action pourra être jugée. Je me fous complètement d’avoir un siège à la CCI si ce doit être pour avaler des couleuvres ou pour inaugurer les chrysanthèmes. Et pour ne pas inaugurer les chrysanthèmes, je vois deux lignes directrices essentielles à adopter :
A. FAVORISER LA CREATION D’ENTREPRISES DANS LE CANTAL
Facile à dire, me direz-vous, mais comment ? Voici un petit aperçu de ce qu’il est possible de faire :
1) Sensibiliser la population à la création d’entreprises dans les bassins d’Aurillac et Saint-Flour qui sont les deux plus porteurs (Aurillac pour sa position de capitale du département et Saint-Flour pour sa position en bordure de l’autoroute A75). On peut imaginer d’organiser des réunions d’informations sur « comment créer son entreprise », inviter des créateurs qui ont déjà créé leur structure (pas forcément des gens du département d’ailleurs).
2) Editer un journal mensuel de la création d’entreprise. Juste 1 feuille recto-verso en noir et blanc qui serait tirée à 50.000 exemplaires, et envoyée à tous les lycées, à toutes les entreprises, et déposée dans les boîtes aux lettres des particuliers des deux bassins d’emploi visés. Dans ce canard on trouverait :
– Les noms, activité et coordonnées des nouvelles entreprises nouvellement créées
– Un témoignage d’un créateur expliquant son projet
– Les coordonnées d’organismes ou d’associations utiles
– Un témoignage d’élu local (maire) explicitant les mesures qu’il a prises dans sa commune pour favoriser l’installation des entreprises (il faudra bien qu’il dise quelque chose!)
– Des idées de business prêtes à l’emploi, histoire de susciter des vocations chez ceux qui sont en panne d’idées
– La liste des business à reprendre, vu que de ce côté-là aussi, ça pêche dans notre département
3) A en croire certains échos que j’ai eus, l’accueil que l’on reçoit à la CCI du Cantal quand on crée une entreprise n’est pas toujours optimal (remarquez ya pire à la Chambre des Métiers où là c’est assez lamentable). Il faut faire du personnel de la CCI de véritables commerciaux de la création d’entreprises.
– Quand un créateur d’entreprise téléphone, on prend ses coordonnées, on lui envoie systématiquement un courrier écrit après son appel, et on le relance 10 jours après !
– On fait de la prospection active et on attend pas que ça tombe tout cuit
– Pourquoi le personnel de la CCI n’aurait-il pas d’objectifs chiffrés en matière de prospection ?
J’attends de la CCI qu’elle ne soit pas une simple administration de plus, une simple chambre d’enregistrement, ou un grand machin où l’on boit des coups (même si ça peut être aussi ça des fois 😉 ). Ce doit être avant tout le principal levier du développement économique local.
4) Mailer le territoire du Cantal. Dans chaque commune, avoir un correspondant de la CCI qui « évangélise » et fait remonter l’information à la CCI. Avoir des réunions régulières avec les correspondants… Ca peut permettre de savoir que tel cadre parisien aimerait revenir au pays, que tel autre envisage de créer une entreprise, qu’un autre veut vendre son affaire mais ne trouve pas de repreneur, etc, etc…
Pour juger des mesures prises sur cette section A : la courbe des créations et reprises d’entreprises sur le département (en valeur absolue).
B. DESENCLAVER LE DEPARTEMENT
Le Cantal est enclavé, comment améliorer les choses au niveau de la CCI ? En optimisant la liaison aérienne dont la CCI a la gestion. Il faut travailler sur plusieurs paramètres :
– Le nombre de passagers transportés annuellement
– Le coût pour la CCI de cette ligne aérienne rapportée au nombre de passagers transportés
– Le coût pour la CCI de chaque vol Aurillac-Paris
– Le taux de remplissage des avions (il est trop faible actuellement)
– Le tarif du billet (492 euros TTC actuellement, soit un Paris-Los Angeles en dégriffé)
Pour cela, quelques mesures :
1) Etudier de très près les coûts de la ligne et les possibilités suivantes :
– Prendre un avion plus gros (les low-cost utilisent souvent des Boeing 737 moins coûteux). Si nécessaire agrandir la piste (pour le prix d’un rond-point, on doit même pouvoir passer au-dessus d’une des deux routes qui bordent l’aéroport)
– Optimiser le taux de remplissage (certaines compagnies low-costs atteignent des taux de 90%)
– Adopter un comportement de low-cost (vente ambulante à bord, pas de billet…)
– Etudier la possibilité que la CCI loue son propre avion et le personnel pour le faire tourner
– Etudier la possibilité de ne plus atterrir à Orly (trop cher), mais dans un aéroport annexe (Le Bourget ?)
– Mutualiser les coûts avec un autre aéroport (un Aurillac-Tours-Paris par exemple ?)
– Arrêter de faire des pubs qui ne servent à rien (exemple dans le dernier numéro de l’Auvergnat de Paris en faisant croire qu’on peut toucher un billet à 150 euros) et qui impactent les coûts
2) Rendre plus attractive la ligne pour les entreprises.
– Améliorer par exemple les abonnements pour les entreprises (actuellement on n’utilise quasiment jamais l’aéroport d’Aurillac).
3) Accessoirement faire mieux connaître les moyens de transport à disposition de la population. Quand on parle dans un repas de chefs d’entreprise cantaliens, la discussion arrive inévitablement à un moment donné aux moyens de transport utilisés pour aller à Paris ou à l’étranger. Et on se rend compte bien souvent qu’on connait mal tout ce qui est à notre disposition. Quel pourcentage d’aurillacois sait qu’en allant à l’aéroport de Rodez-Marcillac (1h15 d’Aurillac en voiture), on peut se aller à Londres pour 82 euros aller-retour par Ryanair ?
Je propose l’édition d’un document expliquant les moyens les plus rapides pour se rendre dans des zones urbaines en Europe. Je vois un tableau avec en colonne les destinations (Paris, Londres, Lyon, Marseille, Madrid…) et en ligne une case « le plus rapide », une autre « le moins cher », et une autre pour les autres possibilités…
Il, pourrait y avoir un document pour Aurillac, un autre pour Saint-Flour et un autre enfin pour Mauriac.
Voilà, ce sera tout pour cette note beaucoup trop longue (l’ennui quand je fais long c’est que j’ai souvent la flegme de me relire, excusez donc les fautes qui ne manqueront pas d’emailer mon texte 🙂 ). Réactions bienvenues, évidemment.










Loic
le 17 août 2004Zut, j’ai encore oublié de trackback-er: en voila un manuel
zozo4
le 17 août 2004Bonsoir,
J’adopte le même point de vue que toi sur les cci, et il est vrai qu’il faut faire bouger un peu tt ce petit monde impersonnel en quête de Chiffre d’affaires et de succès…
> « Si jamais je me présente » < Lol ac un programme comme ça, ne me dis pas que tu n'envisage pas sérieusement a te presenter ! ^^ D'ailleurs en parlant du programme, je trouve très interessantes tes idées pr favoriser la création d'entreprise, mais en revanche, pour le désenclavement du Cantal, le programme est certe prometteur et ambitieux, mais je crois difficilement réalisable... Les cci ont-elles assez d'influence a l'échelle nationales pour pouvoir agir sur les compagnies aériennes? Je ne m'y connais pas suffisament pour avoir une réponse claire, mais cela me parait un peu démesuré... a+ ps: ah oui, j'oubliais: si il y a des fautes d'orthographe elles ne sont pas trop choquantes, en tout cas je ne les ai pas remarqué ^^ ps': je m'excuse pr mes probables fautes de frappe... ^^