La culture de l'innovation contre la réticence au changement

Le 26 décembre 2005

Au cours d’une lecture e-business durant ce week-end de Noël (je vous en reparlerai prochainement), j’ai relevé une phrase intéressante à commenter, je vous la livre telle quelle :
If you continue to do what you’ve always done, you’ll continue to get what you’ll always gotten.
Ce qu’on pourrait traduire par : si vous continuez à faire ce que vous avez toujours fait, vous n’obtiendrez jamais que les résultats que vous avez toujours obtenus.

Ca m’a fait pensé à une phrase hallucinante, malheureusement plusieurs fois entendue localement : "On a toujours travaillé comme ça, c’est pas maintenant qu’on va changer". Or, dans une entreprise, le changement et l’innnovation sont cruciaux, quel que soit le secteur d’activité. Les sociétés qui se reposent sur leurs lauriers et se contentent de reproduire les schémas du passé finissent par péricliter, voir par s’effondrer de façon spectaculaire, sous les assauts de leurs concurrents plus imaginatifs.
D’accord, ce n’est pas facile de garder à l’esprit ce besoin d’innovation et de remise en question permanente. Chaque individu est naturellement réticent à tout changement : il est plus confortable de reproduire les schémas connus, d’utiliser les mêmes méthodes, de travailler dans les mêmes conditions. Pourtant, le monde évolue de plus en plus vite, a fortiori dans les TIC. Il est impératif de s’adapter, voire de devancer le changement quand c’est possible.

A notre niveau à L’Odyssée Interactive, nous ne travaillons pas comme nous le faisions il y a quelques années, et – mieux encore – nous ne travaillerons pas en 2006 comme nous le faisions en 2004. Nouvelles rubriques pour jeuxvideo.com, nouveau site éditorial, nouvelles idées, nouvelles technologies, nouvelles exigences de notre lectorat, nouveaux collaborateurs… Si nous avions continué de faire tranquilement jeuxvideo.com comme en 1999, nous aurions au mieux ralenti  considérablement notre activité, au pire fermé la boutique.
Alors évidemment, tout changement et toute innovation comportent une part importante de risque, mais :
– D’une part c’est le métier d’un entrepreneur ou d’un chef d’entreprise digne de ce nom de prendre des risques (pas de façon inconséquente et sans trop se planter quand même 🙂 ). S’il ne le fait pas, il est temps qu’il trouve un remplaçant.
– D’autre part, le risque est beaucoup moins élevé de parier sur le changement que de miser sur le statu quo. Une entreprise amorphe aura beaucoup de mal à parer l’attaque d’un concurrent, alors qu’une entreprise dans laquelle est présente la culture du changement parviendra sans doute à s’adapter aux soubresauts du marché imposés soit par ses concurrents soit par sa clientèle.

Si l’on extrapole cette idée d’innovation pour la sortir de son contexte économique afin de l’appliquer à notre département du Cantal. Que voit-on ? Un problème démographique récurrent depuis des décennies qui fait que la population diminue dangereusement, avec les conséquences désastreuses que cela suppose (y compris au niveau économique). En face, où sont les innovations et le changement de méthodes ? Fondamentalement, il n’y en a pas. En continuant à faire ce que nous avons toujours fait, pourquoi obtiendrions-nous autre chose que les résultats que nous avons toujours obtenus ?

Le patient Cantal a besoin d’un remède de cheval et on lui sert de l’aspirine, parce que c’est toujours ainsi qu’on l’a soigné. Avec le résultat qu’on connait.

Vieille photo de Steve Jobs (PDG et co-fondateur d’Apple, exemplaire en matière d’innovation), le majeur levé devant les bureaux d’IBM qui pendant les années 80 a représenté l’immobilisme et l’arrogance face au développement du marché de la micro-informatique. Crédit : RedMonkey’s Film Division

Commentaires

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  1. DBardel

    le 26 décembre 2005

    Alors là, tu mets les pieds en plein dans le plus gros handicap du Cantal ; même si partout ailleurs la « culture du changement » n’est pas forcément inscrite dans les gènes de chaque habitant (et a fortiori de chaque décideur), c’est quand même ici que j’ai été frappée par un immobilisme… épuisant. Aboutissant parfois à de véritables aberrations anti-économiques.
    Cette phrase (« Ici on a toujours fait comme ça ») est un véritable refrain, et contre cette chanson-là, franchement, je ne sais pas comment on peut lutter. Moi je suis allée voir ailleurs. Les moulins à vent, c’est pas trop mon truc, surtout quand ils se retournent contre toi.
    Mais bon. Il faudra bien que quelque chose change un jour, quand même. L’instinct de survie, au tout dernier bout, finira bien par prendre le dessus… Non ?
    DB_et_c’était_bien_la_peine_que_je_m’en_aille_
    si_c’est_pour_ENCORE_être_dans_la_ville_la_plus_froide_de_France… :-((

  2. VIVI2N

    le 27 décembre 2005

    Quel cours d’Economie mais je rajouterais que le Cantal a beau de se vider de ces habitants pensant trouver mieux à Paris,Lyon ou même Clermont. Le Cantal est l’un des departements ou le chomage est le plus bas ce qui peut-être avantageux pour l’économie locale aujourd’hui je ne pense pas que l’exode rural ne fera pas tomber l’economie du Cantal. 🙂

  3. Le journal de Vincent

    le 27 décembre 2005

    Changer pour survivre

    Excellent article de Lightman sur l’innovation et sur la nécessité pour une entreprise de se réinventer sans cesse pour survivre. J’aime beaucoup la photo d’époque de Steve Jobs faisant un doigt d’honneur à…

  4. DBardel

    le 27 décembre 2005

    Le Cantal, effectivement, a un taux de chômage très bas. Mais qu’en est-il du chômage de longue, voire de très longue durée ? Et de l’emploi des diplômés ? Et comme le taux de chômage, les salaires sont également au plus bas. Alors que le coût de la vie, lui, n’est pas au plancher.
    S’il y a effectivement peu de chômeurs, je pense que c’est dû principalement au fait que les gens finissent par aller ailleurs pour trouver un emploi. Et que les jeunes partis suivre des études supérieures ne reviennent pas.
    C’est la spirale infernale… L’enclavement routier (je ne parle même pas du désastre ferroviaire) n’arrange rien. Je suis convaincue que l’enfermement géographique du département conditionne l’enfermement « moral » de ses habitants. Entre routes et paysages grandioses, un jour ou l’autre, il faudra bien choisir, ou du moins changer de choix.
    DB_j’avais_pondu_un_truc_sur_le_sujet,
    _faudrait_que_je_remette_la_main_dessus… :-/

  5. Sacris

    le 28 décembre 2005

    Je suis bien d’accord sur le fait qu’il n’y a quasiment pas de possibilité d’emploi en zone rurale pour quelqu’un qui a fait des études supérieures… ou si il y en a elles ne sont pas forcément très attirantes!

  6. majest

    le 1 janvier 2006

    Bonjour,
    Tout à fait d’accord, lightman, avec le fait qu’il faut apprendre à certaines populations et personnes, contrairement à ce que certains discours martellent, que le monde a été, est, et sera toujours en mouvement et changeant (rappelons que certains se sont faits maltraiter pour avoir prétendu que la Terre bouge).
    Dire que l’expérience ne sert qu’à éclairer le chemin parcouru serait, pourtant, abusif et idiot.
    N’oublions pas par ailleurs, que la Nature Humaine change très peu, et qu’on retrouve certaines constantes même si l’environnement, le niveau de connaissances et les regards changent.
    Certaines « modes » [ce mot lui même] voire « obsessions » du changement m’orripilent parfois, comme si « pour faire bien il faut absoluement (prétendre) avoir inventé la roue ». Regarder et méditer à ce sujet le plus que non recommandable article suivant : Loïc Le Meur : « Les blogs vont profondément modifier la manière dont fonctionnent les entreprises. » dans Neteco . com (je ne fais pas de lien sur ce « machin », il vous faudra le chercher).