J'ai démissionné de la CCI du Cantal

Le 20 octobre 2005

Je viens de démissionner de mon poste de membre de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Cantal. Dans un email puis un courrier adressé hier au Président, j’ai expliqué ce qui motive cette décision mûrement réfléchie :

1) Ma présence aux réunions de la CCI n’apporte pas de valeur ajoutée à celles-ci. Des réunions interminables, à l’ordre du jour fluctuant, au cours desquelles il ne ressort souvent pas grand chose de concret.

2) Les quelques rares avis que j’ai pu émettre n’ont souvent pas été pris en compte.

3) Je déplore l’absence de vision, d’objectifs clairs et chiffrés par secteur à la CCI. Il aurait été souhaitable d’avoir une feuille de route détaillée indiquant un plan d’action pour la durée de notre mandat. Au lieu de ça, la CCI navigue à vue et gère le quotidien. Et moi la simple gestion du quotidien m’ennuie.

C’est donc sans amertume ni antagonisme que j’ai tiré la conséquence logique de mon inaction à la CCI. Je considère que rester en étant inactif reviendrait à trahir les chefs d’entreprises qui m’ont élu, et quelque part à me trahir moi-même. Je serai beaucoup plus utile à mon département dans le monde de l’entreprise plutôt que dans sa représentation.
Photo : Mark Howells

Commentaires

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  1. zebu15

    le 20 octobre 2005

    Enfin un élus qui a le courage de ses opinions.
    C’est dommage de ne pas écouter des personnalitées qui comme vous, cultivent et encouragent l’esprit d’entreprise et ne cherchent pas systhématiquement la photo ou l’article….
    Quel gachis pour cette vielle institution de perdre son plus jeune élu, la gérontologie supporte mal les idées novatrices!!!!!!!!

  2. Lightman

    le 20 octobre 2005

    Merci pour ce message de soutien. Je précise qu’au Village d’Entreprises de Tronquières, nous sommes voisins de l’Institut de Gérontologie du Cantal, qui est une structure très dynamique. Mais, je ne crois pas que c’était à cette gérontologie-là que tu faisais allusion 🙂

  3. frar

    le 20 octobre 2005

    Dommage que certaines personnalités politiques (de tout bord) n’aient pas la même vision des choses… 🙂

  4. géraud

    le 20 octobre 2005

    100 % d’accord avec toi pour le rôle joué par la cci dans le cantal, la règle d’or est l’immobilisme, les décisions sont prises d’avances sans avis contradictoire…
    Avec une CCI comme la notre je ne sais pas où va finir notre département….

  5. Franck

    le 21 octobre 2005

    Vous avez bien fait !! et pi ça vous laissera du temps pour cuisiner ou superfétatoiré autant que bon vous semble !!
    ha oui je vais comme les grands je vais citer  » Avec une CCI comme la notre je ne sais pas où va finir notre département…. »
    J’ai bien une idée mais bon !!
    Pour être plus sérieux, et dans ces cas là on peut dire que OUI en effet vous allez gagner une temps précieux à ne plus tenter de peut-être accessoirement vous faire entendre ! Et y’a toujours un côté chez moi qui dit ben NON faut pas partir !! sinon qui va représenter des gens qui veulent que ça change ! mais bon c’est toujours délicat de dire OUI vous avez bien fait ou NON fallait pas. Et puis comme dirait l’autre  » les conseilleurs sont jamais les payeurs  »

  6. laviestbelle

    le 22 octobre 2005

    Boulevard du Pont rouge à Aurillac, on y trouve:
    – CCI du Cantal: au n°44
    – maison de retraite: au n°5

  7. CANTALNOR

    le 22 octobre 2005

    Pas trop d’accord avec ta décision de départ de la CCI car je pense que la contradiction est nécessaire pour faire avancer les choses mais à défaut de le redire; peut-on faire avancer les choses dans ce département?
    Est-il possible de s’opposer?

  8. Lightman

    le 22 octobre 2005

    CANTALNOR> C’est pas tellement une question d’opposition. La question est de savoir si je pouvais faire avancer un peu les choses en étant à la CCI. Après 8 mois de pratique, la réponse est non.
    Pas de programme, pas d’objectifs clairs : on se contente de « siéger » ! Chaque heure que j’ai passée à la CCI en tant qu’élu a été 100% inutile, la plupart du temps fut passé en représentation ou en longues réunions stériles. Moi, j’ai autre chose à faire que d’inaugurer les chrystanthèmes ou à palabrer pendant des heures pour rien dire.
    Pour te donner un aperçu de l’immobilisme du mammouth : les compte-rendus des réunions de bureau sont envoyés près d’un mois après la tenue de la réunion. Quelle entreprise digne de ce nom peut se permettre d’avoir un fonctionnement aussi lent ? C’est juste un exemple anecdotique mais très représentatif de la manière dont ça marche.

  9. laviestbelle

    le 22 octobre 2005

    maintenant que t’as du temps dégagé, pourquoi ne pas faire comme Le Meur une rubrique sur :NRJ ou Canal +
    avec un podcast?
    moi je suis sur que çà pourrait marché .;)))
    t’as la tchach et le physique et le style
    comme Stephane Guyont quoi!
    en plus tu parleras du Cantal, de ses bons produits miam, miam, miam

  10. Lightman

    le 22 octobre 2005

    laviestbelle> En voilà une idée !! Mais si on veut garder les proportions de l’exemple que tu me donnes (parce que je ne suis ni Lemeur ni Guyont), il faut que je postule à Radio Jordane pour faire une chronique « chasse et pêche » le dimanche matin entre deux morceaux de bourrée 🙂

  11. Julie

    le 22 octobre 2005

    🙁 car je pense que tu peux apporter beaucoup à ce département. Une question quand même : Ne penses tu pas que tu ais manqué de persévérance ? Nous appartenons à la génération du « tout, tout de suite »… Cela n’en est-il pas un exemple ?
    As-tu partagé ta vision des choses avec les autres élus de façon très claire ?

  12. Lightman

    le 22 octobre 2005

    Errare humanum est, perseverare diabolicum. Ma décision de me présenter à la CCI était une erreur, il ne faut pas poursuivre trop longtemps dans l’erreur.
    Mais ne crois pas que j’étais en opposition systématique avec les autres élus. Non, j’ai simplement constaté que je ne servais à rien à la CCI, et je ne voyais pas comment changer cette situation et influer enfin sur le cours des choses. J’en ai tiré les conséquences. Je ne vois pas l’intérêt de cumuler les casquettes inutilement.

  13. laviestbelle

    le 23 octobre 2005

    Julie> pour te répondre moi dans notre génération ( moins de 40 ans), j’y vois celle du « faire » et non celle du « paraitre »
    dans le schema de nos ainés ce qui compte c’est l’apparence:
    -avoir une belle à salle à manger pour les « invités » quitte à bloquer la pièce 300 jours/an pour rien! nous on prefere l’espace, l’ouverture de la cuisine sur le salon : vivre!
    – pour certains tromper sa femme pendant des années. Mensonge, lacheté et continuer à paraitre des gens vertueux!!! nous on n’aime plus et bien on divorce, se sépare.
    – pour nos elus, c’est le discours, l’effet et les apparats du pouvoir (qui permet d’ailleurs tres souvent d’avoir une plus jolie salle à manger grace aux indemnités et la maitresse pendant les heures du mandat). Voir le pipotron trouvé sur le site de Renogorsky:http://renogorsky.over-blog.com/article-1001759.html
    Nous on veut du concret, des resultats , des impots moins elevés
    Oui notre generation elle veut tout de suite car si t’avance pas, tu recules

  14. Lightman

    le 23 octobre 2005

    Laviestbelle> Pas con le coup de la salle à manger, je n’y avais jamais pensé de cette façon ! 🙂
    C’est vrai que chez moi, c’est comme au bureau : open space ! 🙂

  15. Point2Vue

    le 24 octobre 2005

    Et puis, n’as-tu pas eu l’impression de servir un peu de « faire-valoir » ? N’y a t’il pas eu une sorte de « récupération politique » de ta présence à la CCI ? Tu étais un peu la caution « nouvelles technologies », « jeune cadre dynamique »… Non ?
    Gilles de Robien a bien choisi Elodie Gossuin pour siéger au Conseil Régional de Picardie… Lol, j’arrête, tu risquerais de mal le prendre !

  16. Lightman

    le 24 octobre 2005

    Point2Vue> On m’avait déjà soumis cette hypothèse plusieurs fois, je n’avais pas voulu y croire. Mais avec le recul, il est probable que je fus l’Elodie Gossuin de la CCI du Cantal ! 😉

  17. Krysztoff

    le 24 octobre 2005

    @lavieestbelle
    Au risque de paraître vieux con (mais j’y suis habitué) notre génération, et bien plus encore peut-être celle qui nous suit, plus que celle du « faire », est la génération du « consommer » et si possible, tout de suite. Une génération à qui on n’a pas appris à gérer ses frustrations, ses insatisfactions, ses désirs insatiables (et pour cause puisque c’est la seule façon de maintenir en vie le système économique mondialisé – consommer toujours plus et de plus en plus vite). La mode, la musique, les téléphones portables, les « stars », la téléréalité, tout se consomme et s’oublie en un rien de temps. Le règne de l’obsolence, profiter de la vie quoi (ah le profit, quel beau mot capitaliste)! Même l’amour comme tu le dis si bien: aux premiers nuages, on décrète que l’on ne s’aime plus, et bien on divorce (et les enfants, au milieu, se démerdent avec ça).
    On peut considérer cela comme un progrès par rapport à nos parents et grand-parents. Certes nous avons gagné en liberté individuelle, mais à quoi conduit cette liberté? A plus de responsabilité? A plus de bonheur? A plus de mieux vivre collectif? A voir…
    Et je ne veux pas particulièrement des impôts moins élevés. Plus je paie d’impôts, plus je gagne de l’argent… Ce qui m’importe plus, c’est que ces impôts soient mieux utilisés par la collectivité.
    Et, pour avoir fait un peu de physique dans ma jeunesse, quand on avance pas, et bien on avance quand même (du moins sur Terre, puisque celle-ci tourne, ce que l’on sait depuis Galilée…). Pour reculer, et bien, il faut… reculer!

  18. pascal

    le 24 octobre 2005

    Bravo !
    Cela est courageux et me fait dire que vous êtes un garçon qui a de l’avenir !
    Il me semblait que vous risquiez de vous encroûter.
    Je crois que dans les années qui vont venir il va falloir être plus radical encore ; c’est à dire de ne pas s’empêtrer avec les contingences des politiciens ou autres consulaires locaux qui d’ailleurs ne font .. rien. Le seul qui travaille finalement et qui soit un assez bon pro de la politique c’est…. René Souchon aussi casse pied, ordurier puisse – t il être…
    Le problème c’est qu’il coupe un peu trop d’arbre !
    C’est ça !

  19. cantalou

    le 25 octobre 2005

    Bravo !
    Bravo et dommage que la participation d’un chef d’entreprise avec tes expériences et tes idées n’aient pas été mieux exploitées.

  20. laviestbelle

    le 25 octobre 2005

    quel dommage finalement que cela se termine ainsi! .;((
    le President de la CCI aurait pu te passer le témoin en douceur, comme à un « fils spirituel » et saurait parti « grandi »de son mandat avec la satisfaction de laisser un heritage à quelqu’un de bien;
    il t’aurait appris son expèrience (il en a une) et toi tu l’aurais ouvert sur les nouvelles méthodes de management basées sur:
    – confiance en son équipe, donc délégation
    – deceler les qualités de chacun et les mettre à profit
    – plaisir de progresser ensemble; climat de confiance, de reconnaissance= motivation de tous
    – une entreprise/institution, ce n’est pas un homme: c’est lui ET tous ceux qui la composent
    Chacun s’y retrouvait: lui, le personnel, les autres élus et surtout ceux à qui vous rendait service: les entreprises
    ce tandem n’ a pas marché.
    Mais les elus ne savent pas preparer leur depart (par peur qu’on ne les regarde plus).
    .alors qu’à mes yeux c’est quand même beau de transmettre un heritage ….
    Dommage

  21. Marc JESTIN

    le 4 novembre 2005

    Sébastien,
    Je te félicite pour ta transparence et la clarté de ton exposé. Cependant il est dommage que tu donnes cette vision des choses et que tu retiennes cette démarche d’abandon.
    Je crois qu’il est UTILE voire INDISPENSABLE d’avoir des représentants et – tu le dis si bien – ACTEURS de la vie de ce pays qui agissent et font bouger les choses au sein des organisations syndicales, consulaires, politiques.
    C’est parfois décourageant, ou fatiguant, d’observer certains types de personnes fonctionner… Elles n’ont pas la même dynamique, la même envie de faire au lieu de palabrer, etc.
    Cependant, si les gens comme toi n’interviennent pas, ne s’engagent pas, où allons-nous ? Dans un monde inerte acccroché à ses acquis et à son passé ? Crois-tu que nous avancerons mieux sur des chemins qui n’ont pas été pensés pour nos bolides de course ?
    Dans ces organisations, ç mon avis, l’enjeu n’est plus tellement de faire avancer le train, d’être une locomotive (Cf. plus bas) mais d’aller vérifier que les wagons sont bien accrochés et qu’aucun n’est en position freinage et ne ralentit le mouvement, de jeter un oeil sur l’alignement des rails et de valider que le tunnel ne va pas s’effondrer sur le train en marche…
    Merci de rappeller ce que d’autres ont dit mieux que nous : « On voit le chef d’entreprise comme la vache à traire ou l’homme à abattre, rarement comme le cheval qui tire la charrue. » – Winston CHURCHILL
    CONTNUE D’AVOIR LA PÊCHE, ça rendra service à beaucoup de gens ! Et veille à donner les bonnes idées aux « aliens pour certains » qui SIÈGENT… 🙂