Décès d'un grand chef d'entreprise cantalien
Il y a quelques jours est décédé Francis Quiers. Ce cantalien avait connu une très belle carrière au sein du géant mondial de la photographie, j'ai nommé Kodak. Celle-ci s'était achevée en haut de l'organigramme au poste de PDG de Kodak-Pathé (près de 7000 salariés…). A la retraite depuis une vingtaine d'années, Francis Quiers s'était consacré à la rédaction de plusieurs ouvrages sur des personnages historiques cantaliens, notamment le général d'empire Jean-Baptiste Milhaud dont il était un parent.
J'avais eu la chance de rencontrer M. Quiers quand j'étais à la tête de Jeuxvideo.com en 2009. Il m'avait contacté spontanément pour une discussion cordiale connaissant mon attachement pour ce département du Cantal et son développement économique. A cette occasion, il m'avait dédicacé un éclairant ouvrage tiré de sa thèse sur l'agriculture du Cantal. Je me souviens assez bien de notre conversation pendant laquelle il m'avait conseillé de me lancer dans un autre projet que jeuxvideo.com pour "ne pas [m]'encroûter" ! Sur le coup, je me suis dit que ce gars était gonflé de venir me dire de faire autre chose de ma vie, alors que lui-même avait passé toute sa carrière dans la même boîte ! Et puis, quelques années après, ses mots ont pris tout leur sens et j'ai quitté Jeuxvideo.com. J'ai alors compris que son parcours le qualifiait particulièrement pour ce conseil qu'il m'avait donné quelques années plus tôt…
L'an dernier, j'avais pu échanger avec lui sur les réseaux auvergnats. C'est un sujet qui l'intéressait, il avait d'ailleurs été très impliqué dans l'association ABC "Auvergne Business Club".
Le Cantal a perdu un de ses chefs d'entreprises les plus éminents et je crois, un brave homme.










Bruno Luquat
le 31 mars 2016Très juste de rendre hommage à un homme qui était profondément attaché au Cantal, et que le Cantal n’a pas su ou voulu utiliser comme il aurait pu l’être. Quand Francis Quiers a pris sa retraite au début des annees 90, il s’est proposé pour aider le Cantal à favoriser la mise en relation entre producteurs de viande de Salers et les marchés extérieurs. Je pilotais alors le comité d’expansion, et il m’a été d’un soutien actif et intelligent dans nos démarches vis a vis des restaurateurs et boucheries parisiennes. A ma connaissance, ses talents n’ont pas été utilisés par la suite et c’est dommage.
Il avait l’habitude de dire que dans son enfance, les cantalous étaient volontaires et « s’accrochaient aux poutres », et il regrettait qu’ils aient pris l’habitude d’attendre les jours meilleurs. Les élus l’ont écouté pendant quelques temps, puis se sont lassés, car Francis Quiers faisait apparaître leur propre résignation. C’est tout le problème des difficultés de communication entre les élus locaux et des personnalités qui pourraient apporter beaucoup au département, mais qui ne parlent pas le même langage: les uns parlent de soumission et pleurent les subventions, les autres parlent d’action et d’entreprise.
Après quelques tentatives, il s’est lassé, et a preféré s’investir dans la recherche historique.
Lightman
le 31 mars 2016Merci pour ces précisions intéressantes.
JM Laurent
le 31 mars 2016Tout à fait d’accord avec le commentaire de Bruno Luquat ! D’ailleurs l’histoire napoléonienne en a tiré un large profit !
Suzanne Quiers
le 10 mai 2016Merci à Bruno Luquat et à Sébastien Pissavy pour l’ hommage rendu à mon mari. Oui, il aimait d’ amour sa terre cantalienne et j’ ai été témoin de ses efforts pour qu’ elle trouve une place digne d’ elle au sein de l’ économie nationale.Il aurait pu prétendre à des activités plus gratifiantes , plus prestigieuse.Mais l’ amour du pays parlait plus haut. Bien entendu, il a dérangé un assez grand nombre de dinosaures soucieux de préserver leur niche. mais il a aussi rencontré de jeunes de talents. J’ espère que les graines qu’ il a semé germeront un jour. Suzanne Quiers